« L’Irak ne peut pas rester otage d’un seul corridor »
Lors d’une conférence de presse à Berlin avec Friedrich Merz, chancelier allemand, le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a présenté la diversification des voies d’exportation comme une priorité stratégique. « Nous voulons élargir et diversifier nos routes d’exportation », a-t-il déclaré. Le dirigeant irakien a explicitement relié cette orientation au blocage du détroit d’Ormuz, point de passage des hydrocarbures du Golfe vers les marchés mondiaux. « L’Irak ne peut pas rester otage d’un seul corridor », a-t-il ajouté, alors que l’Iran verrouille cette voie maritime en représailles aux frappes américaines et israéliennes.
Ali al-Zaidi a indiqué que l’Irak et l’Allemagne devraient aboutir à « un accord sur l’exportation de pétrole brut ». En contrepartie industrielle, Bagdad achèterait des technologies et des équipements allemands, selon les éléments présentés à Berlin. Friedrich Merz a pour sa part annoncé la signature prévue mardi d’« un accord sur l’approvisionnement de l’Irak en électricité ».
Vers une production irakienne de 10 millions de barils par jour ?
La séquence européenne d’Ali al-Zaidi avait commencé en France, où le gouvernement irakien a convenu lundi 14 septembre avec Paris, après une rencontre avec Emmanuel Macron, d’« engager des discussions sur plusieurs projets énergétiques », selon une déclaration conjointe. Cette déclaration franco-irakienne précise que TotalEnergies et le gouvernement irakien doivent examiner plusieurs projets en Irak, fondés sur des investissements de grande ampleur. Les objectifs mentionnés portent sur l’augmentation de la production pétrolière irakienne, l’efficacité énergétique, la souveraineté énergétique et la transition énergétique du pays.
Les ventes de pétrole brut assurent près de 90 % des recettes de l’Irak, mais les exportations du pays ont été fortement touchées par la guerre au Moyen-Orient et par la paralysie du détroit d’Ormuz. Avant le conflit déclenché en février, l’Irak produisait environ 4 millions de barils par jour et exportait en moyenne 3,4 millions de barils par jour, surtout par cette route maritime.
L’Irak, dont les débouchés pétroliers étaient majoritairement asiatiques, avec la Chine et l’Inde en tête, a commencé à expédier du brut par camions-citernes via la Syrie et par oléoduc jusqu’au port turc de Ceyhan. Ali al-Zaidi a assuré que Bagdad pourrait « doubler ses exportations de pétrole via la Méditerranée » afin de servir les marchés européens et américains. Le Premier ministre irakien dit vouloir porter la production nationale à 10 millions de barils par jour. Dans ce scénario, « une large part, ou près de la moitié » pourrait être destinée aux pays européens et occidentaux, selon Ali al-Zaidi.