Une fermeture liée aux frappes américaines

Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a affirmé que le détroit d’Ormuz resterait fermé tant que les États-Unis n’auraient pas mis fin à leurs « actes d’agression ». Cette position a été formulée dans un communiqué diffusé par la télévision d’État iranienne.

Washington a lancé mardi une nouvelle série de frappes contre l’Iran et a repris le blocage de ses ports, selon les éléments communiqués. Les Gardiens ont déclaré que « les opérations de représailles des combattants se poursuivront » jusqu’à l’arrêt des actions américaines.

Une menace élargie aux exportations de pétrole et de gaz

Les Gardiens de la Révolution ont aussi averti que « l’ennemi » devait envisager la fermeture d’autres voies d’exportation de pétrole et de gaz liées aux intérêts des États-Unis et de leurs alliés. Ils n’ont pas précisé les routes maritimes, terminaux ou infrastructures visés par cette menace.

Le communiqué ajoute que « les exportations de pétrole et de gaz de la région seront accessibles soit à tous, soit à personne ». Cette formulation place la circulation énergétique régionale au centre du rapport de force entre Téhéran et Washington.

Un point de passage central pour les marchés mondiaux

Le détroit d’Ormuz relie le golfe Persique au golfe d’Oman et concentre une part majeure des flux énergétiques maritimes du Moyen-Orient. Selon l’Agence internationale de l’énergie, environ 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers y ont transité en moyenne en 2025.

L’AIE indique également qu’environ 20% du commerce mondial de GNL a emprunté ce passage en 2025. Les volumes concernés incluent notamment les exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar, pour lesquelles les itinéraires alternatifs restent très limités.

Des précédents récents dans une crise prolongée

La fermeture d’Ormuz avait déjà été revendiquée ces derniers mois par des autorités iraniennes, tandis que Washington affirmait vouloir maintenir la liberté de navigation dans cette zone. Les informations disponibles mercredi ne permettent pas d’établir si la menace visant d’autres voies d’exportation s’est traduite par une mesure opérationnelle.

Dans le secteur pétrolier, l’OPEP+ regroupe plusieurs producteurs directement exposés aux flux du Golfe, dont l’Arabie saoudite, le Koweït, les Émirats arabes unis et l’Irak. Une perturbation durable du passage d’Ormuz affecterait donc à la fois les exportateurs régionaux et les pays importateurs dépendants des cargaisons de brut, de produits pétroliers et de GNL.