Un gaz « doux » présenté comme moins coûteux à traiter
Le ministre iranien du Pétrole Mohsen Paknejad a situé la découverte dans le sud de la province de Fars, selon des propos rapportés par la télévision d’État iranienne. Il a indiqué que plus de 160 milliards de m3 pourraient être extraits du champ, sur des ressources totales supérieures à 200 milliards de m3 (des médias citant les autorités iraniennes ont évalué le volume en place à plus de 7,5 trillions de pieds cubes, soit environ 212 milliards de m3, avec un taux de récupération dépassant 72 %).
Mohsen Paknejad a décrit le gaz découvert comme « doux », c’est-à-dire dépourvu d’hydrogène sulfuré et d’autres composés acides. Cette caractéristique limite les besoins de traitement anticorrosion et de désulfuration, deux postes qui pèsent dans le coût de développement et d’exploitation d’un champ gazier. Le ministre a aussi fait état de condensats associés, sans fournir de volume détaillé dans l’annonce rapportée dimanche. Ces liquides, séparés du gaz lors du traitement, peuvent accroître la valeur économique d’un gisement lorsqu’ils sont commercialisables.
Une mise en production qui resterait lointaine
L’annonce intervient alors que le secteur iranien de l’énergie subit les effets de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par des frappes américano-israéliennes contre la République islamique. Pour rappel, l’Iran est un acteur majeur du gaz mondial : l’Agence internationale de l’énergie a évalué sa production de gaz naturel à 276 milliards de m3 en 2024. À ce rythme annuel, le volume récupérable annoncé dimanche représenterait près de sept mois de production iranienne.
La découverte ne modifie pas immédiatement l’équilibre d’approvisionnement du pays. D’après Bloomberg, aucune production issue de ce site ne devrait être possible avant plusieurs années, compte tenu des étapes nécessaires entre l’évaluation du gisement, le forage de développement, les installations de surface et le raccordement. Les autorités iraniennes n’ont pas communiqué dimanche de calendrier industriel détaillé ni de montant d’investissement pour développer le champ.