Une tension sur l’approvisionnement en carburant
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a demandé aux habitants de réduire leur usage d’essence lors d’une intervention télévisée. « En tout état de cause, ce qui est clair, c'est que nous devons économiser l'essence dans notre consommation », a-t-il déclaré.
Ghalibaf, qui a conduit les négociations visant à mettre fin à la guerre, a lié cet appel à la capacité du pays à couvrir ses besoins par sa propre production. « Si nous la consommons correctement, nous pouvons nous débrouiller avec la quantité d'essence que nous produisons », a-t-il ajouté, alors que l’Iran reste l’un des grands producteurs mondiaux de pétrole.
La semaine précédente, le vice-président chargé des affaires exécutives, Mohammad Jafar Ghaempanah, avait indiqué que le blocus américain empêchait les importations d’essence et que la production nationale était « insuffisante ». De longues files d’attente ont été constatées devant des stations-service.
Le détroit d’Ormuz reste au centre du rapport de force
Depuis le début du conflit avec Washington, fin février, Téhéran maintient fermé le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique des hydrocarbures du Golfe. Avant la guerre, environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait par cette route maritime, selon les données rappelées par la dépêche.
Les États-Unis ont répondu par un blocus visant les ports iraniens. Washington a aussi annoncé récemment des sanctions secondaires contre les partenaires commerciaux de l’Iran, avec l’objectif affiché d’accentuer l’asphyxie économique du régime iranien.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, près de 15 millions de barils par jour de brut, soit près de 34 % du commerce mondial de pétrole brut, ont emprunté le détroit d’Ormuz en 2025. L’AIE estime aussi que plus de 112 milliards de m3 de GNL y ont transité la même année, soit presque 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.
Des subventions alimentaires promises face aux tensions sociales
Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que l’Iran devait « montrer à l'ennemi » que les effets de ses mesures étaient « en réalité réduits au minimum ». Cette position intervient dans une économie déjà fragilisée par des décennies de sanctions internationales et davantage contrainte depuis l’offensive américano-israélienne du 28 février.
Le président du Parlement a indiqué que le gouvernement prévoyait d’augmenter les subventions alimentaires « dès que possible ». La mesure viserait en priorité les Iraniens les plus exposés à « la pression économique », afin de « réduire le mécontentement » de la population.
Fin décembre, une mobilisation déclenchée contre la cherté de la vie s’était transformée en manifestations antigouvernementales de grande ampleur. Ce mouvement avait atteint son point culminant en janvier avant d’être réprimé.