Vers un protocole d’accord et une phase technique de 60 jours

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a déclaré vendredi que « dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé », ajoutant : « Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir. » Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur principal, a estimé que « la paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui ».

À Washington, un haut responsable américain a évalué à « 80 à 85 % » la probabilité d’un accord‑cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, tout en prévenant que « la ligne d’arrivée n’est pas encore franchie ». La Suisse s’est proposée pour accueillir une éventuelle signature alors qu’un sommet du G7 doit débuter lundi à Évian, près de Genève, mais Téhéran affirme que le protocole, une fois finalisé, serait signé « à distance ».

Abbas Araghchi a indiqué que le projet prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d’Ormuz. Il a par ailleurs accusé Israël de chercher des « prétextes » pour faire « dérailler » un accord avec Washington.

Textes divergents, nucléaire et avoirs gelés restent des points durs

Les versions de travail divergent nettement. L’agence iranienne Mehr a publié les grandes lignes d’un projet en 14 points comprenant le maintien du contrôle sur le détroit d’Ormuz, le droit à l’enrichissement d’uranium et le déblocage rapide de 24 milliards de dollars d’avoirs gelés. Selon Washington, le compromis doit au contraire permettre la « réouverture » d’Ormuz et conduire au « démantèlement » du programme nucléaire iranien, avec récupération par les États‑Unis d’uranium hautement enrichi qui serait « détruit sur place » puis « sorti » du pays.

Vendredi, Abbas Araghchi a préconisé la dilution sur le sol iranien des stocks d’uranium enrichi à 60 % à un taux inférieur à 5 %, niveau éloigné des 90 % nécessaires à un usage militaire. Téhéran dément vouloir se doter de l’arme nucléaire. Sur la question des avoirs, le vice‑président américain JD Vance a souligné sur X que « les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion ».

Le conflit a été déclenché par des frappes américano‑israéliennes le 28 février, avant l’entrée en vigueur d’une trêve le 8 avril. Il a embrasé la région et fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. S’agissant du front libanais, Washington affirme que l’accord en discussion avec l’Iran inclut bien le Liban, comme le réclame Téhéran, alors que les États‑Unis souhaitaient initialement traiter ce dossier séparément. Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, après des tirs du Hezbollah vers le territoire israélien, et Israël bombarde depuis, avec plus de 3 700 morts recensés.

Le président américain, qui selon un décompte de CNN a annoncé 39 fois un accord « imminent », a dénoncé vendredi sur Truth Social : « Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit ». « Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi », a‑t‑il ajouté.

Marchés en soutien et enjeu critique d’Ormuz

Les marchés misent sur une issue favorable, le pétrole repassant sous 90 dollars le baril. La perspective d’une réouverture durable du détroit d’Ormuz constitue un paramètre clé pour l’équilibre des flux d’hydrocarbures.

Aux États‑Unis, le haut responsable ayant évoqué une probabilité de 80 à 85 % rappelle toutefois que « ce n’est pas 100 % ». En l’état, les parties disent viser un accord‑cadre ouvrant une phase technique de 60 jours, avec une signature « à distance » si le texte est finalisé.