Nouvel échange de frappes autour du détroit

Les Gardiens de la Révolution ont déclaré avoir visé un « véhicule de surface militaire américain sans pilote » qui, selon eux, cherchait à entrer dans une zone protégée du détroit d’Ormuz. Cette annonce a été diffusée par la télévision d’État iranienne dans la matinée du 6 septembre.

Les forces iraniennes avaient indiqué plus tôt avoir ciblé trois pétroliers empruntant, selon Téhéran, des routes non autorisées dans le détroit, ainsi que trois navires américains dans d’autres secteurs. Elles ont aussi averti les autres bâtiments contre tout transit par des passages non approuvés par l’Iran.

Le Commandement militaire américain avait, avant ces revendications iraniennes, annoncé des frappes contre trois pétroliers iraniens. Selon le Centcom, deux navires ont été « neutralisé de manière permanente » et un troisième a été « complètement détruit ».

Washington vise des pétroliers liés aux Gardiens

L’armée américaine affirme que les trois bâtiments appartenaient à « un réseau occulte » contribuant au financement des Gardiens de la Révolution et de leurs alliés pour « plusieurs milliards de dollars ». D’après un communiqué du Centcom publié le 5 septembre, les navires visés étaient les pétroliers M/T Downy au large de l’île de Kharg, M/T Stark 1 près de Jask et M/T Kylo, également désigné Noxen, dans le golfe d’Oman.

Kharg abrite le principal terminal pétrolier iranien dans le Golfe, tandis que Jask se situe plus au sud, à proximité de l’accès oriental au détroit d’Ormuz. Le Centcom affirme que le troisième pétrolier était vide et que son équipage avait reçu l’ordre d’abandonner le navire avant sa destruction.

Les Gardiens de la Révolution ont confirmé des frappes américaines contre « trois pétroliers appartenant à la République islamique d’Iran dans le détroit d’Ormuz, provoquant des dégâts ». Téhéran y voit un « acte de désespoir face à la fermeture » de cette voie maritime stratégique.

Ormuz reste au centre du risque pétrolier

Le détroit d’Ormuz demeure un point de passage majeur pour les flux d’hydrocarbures du Golfe. En 2024, environ 20 millions de barils par jour de pétrole et de produits pétroliers y ont transité, soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers, selon l’Energy Information Administration américaine.

La perturbation actuelle a déjà fortement réduit les flux. L’EIA estimait en août 2026 que les volumes de pétrole brut et de liquides pétroliers passant par Ormuz étaient tombés à 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025, avant le conflit.

Ces affrontements se déroulent dans un contexte de blocage diplomatique entre Washington et Téhéran. L’Iran maintient le blocage d’Ormuz, tandis que les États-Unis appliquent un blocus sur les ports iraniens et disent vouloir accentuer la pression économique sur la République islamique.

Menaces iraniennes et extension régionale

Le commandement militaire central interarmées iranien Khatam al-Anbiya a menacé de frappes « plus dures qu'auparavant » contre les bâtiments militaires américains dans la région si les hostilités se poursuivent. L’armée américaine affirme avoir lancé ses dernières frappes après que porte-avions et destroyer américains ont échappé à « de multiples attaques iraniennes non provoquées », sans blessé dans ses rangs.

Selon un correspondant de la télévision d’État iranienne, la frappe près de l’île de Kharg n’a pas fait de victime. Un autre journaliste de la même chaîne, à Jask, a fait état de deux pétroliers attaqués près de la ville, dont l’un « était vide » et l’autre « transportait du pétrole », avec des équipages transférés à terre.

Après un mois d’août marqué par une baisse des frappes, les combats avaient repris le 30 août à l’initiative de l’armée américaine, qui affirmait vouloir empêcher le tir de roquettes chargées de mines marines dans le détroit d’Ormuz. Depuis le début du conflit déclenché fin février par une offensive américano-israélienne contre l’Iran, Téhéran répond aussi par des attaques visant ses voisins du Golfe.

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les États-Unis menaient des « frappes ponctuelles » en Iran, tout en affirmant « ne pas être actuellement en train de se battre ». Après les frappes de samedi, le chef du Centcom, l’amiral Brad Cooper, a déclaré : « Si vous tirez sur deux de nos navires, nous vous imposerons un prix économique encore plus grand: vous en prendre trois ».

Le conflit s’est étendu à plusieurs fronts régionaux. Au Yémen, près de 200 personnes ont été tuées depuis jeudi dans de nouveaux combats entre les forces gouvernementales et les rebelles houthis pro-iraniens, tandis qu’au Liban l’armée israélienne a ordonné dimanche l’évacuation immédiate d’Arab Salim, dans le sud du pays, avant des frappes visant le Hezbollah.