Un sursis fiscal de près de trois semaines
Le dispositif adopté mardi 4 août reporte au 25 août l’expiration de la réduction fiscale appliquée au gazole. L’exécutif italien avait annoncé le 27 juillet une baisse de 0,17 euro par litre sur les taxes pesant sur ce carburant, initialement limitée au 6 août.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a indiqué à l’issue du conseil des ministres que Rome voulait « limiter les effets de ces hausses, dans un contexte international qui reste très complexe ». Le ministre italien de l’Économie et des Finances Giancarlo Giorgetti a évalué le coût budgétaire de la prolongation à « deux cent quarante-cinq millions » d’euros.
Le gazole reste au-dessus de 2 euros le litre
Selon les données publiées le 4 août par le ministère italien des Entreprises et du Made in Italy, le prix moyen national du gazole en libre-service atteignait 2,100 euros par litre sur le réseau routier, contre 1,999 euro par litre pour l’essence. Sur autoroute, le gazole ressortait à 2,173 euros par litre en libre-service.
La mesure cible la composante fiscale des prix des carburants, par les accises et la TVA, sans garantir à elle seule une stabilisation du prix final payé à la pompe. Une réduction de 0,17 euro par litre représente 8,50 euros sur un plein de 50 litres, avant l’effet des variations de prix hors taxes et des marges de distribution.
La crise d’Ormuz dicte le calendrier
L’Italie avait déjà approuvé une première réduction des taxes sur les carburants en mars, après le déclenchement du conflit militaire au Moyen-Orient. Les frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ont commencé le 28 février, selon la chronologie rappelée par l’exécutif italien.
Rome, importateur net d’énergie, surveille la hausse des cours mondiaux du pétrole provoquée par le blocage de fait du détroit d’Ormuz, passage majeur pour les flux pétroliers et gaziers du Golfe. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les flux de pétrole via Ormuz sont passés d’environ 20 millions de barils par jour avant le conflit à 2,7 millions de barils par jour en moyenne entre mars et mai 2026.