Une croissance ramenée à 400 000 barils par jour
Dans son rapport mensuel de septembre publié jeudi, l’Opep anticipe désormais une progression de la demande mondiale de pétrole limitée à 400 000 barils par jour en 2026. La consommation totale atteindrait ainsi 105,84 millions de barils par jour sur l’ensemble de l’année, selon les prévisions de l’Opep.
En août, l’Opep retenait encore une hausse moyenne de 600 000 barils par jour pour 2026, tandis que son scénario d’avril tablait sur une augmentation de 1,4 million de barils par jour. Le détail régional publié par l’organisation fait apparaître une demande de 46,14 millions de barils par jour dans les pays de l’OCDE en 2026, en recul de 110 000 barils par jour sur un an. La demande hors OCDE progresserait en revanche de 490 000 barils par jour, à 59,70 millions de barils par jour.
Le scénario pour 2027 est relevé
Pour 2027, l’Opep retient au contraire une trajectoire plus élevée qu’un mois plus tôt. La croissance attendue de la demande mondiale est portée à 2,4 millions de barils par jour, soit 400 000 barils par jour de plus que dans l’évaluation d’août. La demande totale atteindrait 108,19 millions de barils par jour en 2027. Dans ce scénario, les pays hors OCDE concentreraient l’essentiel de la hausse, avec une progression de 1,92 million de barils par jour, contre 430 000 barils par jour pour l’OCDE.
L’Opep regroupe désormais 11 pays producteurs, après le retrait effectif des Émirats arabes unis au début du mois de mai. L’alliance élargie Opep+ associe dix États supplémentaires, dont la Russie, à la coordination de l’offre pétrolière. Dans sa communication de jeudi, l’organisation fait état d’une forte baisse de la production saoudienne en août. Le royaume a extrait 6,24 millions de barils par jour, contre 8,1 millions de barils par jour en juillet et 7,1 millions de barils par jour en juin. Les données détaillées de l’Opep distinguent la production physique saoudienne et les volumes fournis au marché. Ces derniers sont estimés à 7,12 millions de barils par jour en août, après 7,42 millions de barils par jour en juillet et 6,64 millions de barils par jour en juin.
Les routes d’exportation du Golfe restent perturbées
Les cours du pétrole continuaient de progresser jeudi, soutenus par l’extension du conflit au Moyen-Orient et par les entraves persistantes à la navigation maritime dans la région du Golfe. Le Brent a dépassé 100 dollars le baril cette semaine, selon les cotations de marché rapportées jeudi par plusieurs agences financières.
Le verrouillage par l’Iran du détroit d’Ormuz, situé de l’autre côté de la péninsule arabique, a contraint l’Arabie saoudite à rediriger une part importante de ses exportations par oléoduc vers Yanbu, sur la mer Rouge. Cette réorientation visait à contourner les restrictions affectant la principale voie de sortie des hydrocarbures du Golfe.
Depuis juillet, les Houthis ont décrété un blocus maritime dans cette zone pour les navires saoudiens. La semaine dernière, le mouvement a également lancé au Yémen une offensive en direction de la mer Rouge afin de tenter de prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique reliant l’Asie à l’Europe via la mer Rouge et le canal de Suez.