Une croissance ramenée à 800 000 barils par jour
Dans son rapport mensuel de juillet publié lundi, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole dit tabler sur une progression de la demande mondiale de 800 000 barils par jour en 2026. Un mois plus tôt, l’organisation retenait encore une hausse d’un million de barils par jour.
Cette nouvelle correction constitue la troisième baisse consécutive de la projection 2026 de l’Opep. En avril, la croissance attendue atteignait 1,4 million de barils par jour, pour une demande totale alors évaluée à 106,53 millions de barils par jour.
Le volume mondial anticipé pour 2026 est désormais fixé à 105,94 millions de barils par jour. La révision intervient alors que le marché du pétrole reste soumis aux perturbations d’approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient.
Le détroit d’Ormuz reste au centre du scénario de marché
La guerre au Moyen-Orient a débuté le 28 février avec l’offensive menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran et les frappes contre des infrastructures pétrogazières ont entraîné une chute de l’approvisionnement depuis le Golfe et une envolée des cours du brut.
Selon l’Agence internationale de l’énergie dans son rapport de juillet, l’offre pétrolière mondiale a rebondi de 4,1 millions de barils par jour en juin, à 98,8 millions de barils par jour, grâce à une reprise partielle des flux par le détroit d’Ormuz. L’AIE indique aussi que les exportations pétrolières du Golfe, volumes contournant le détroit compris, ont augmenté de 6,5 millions de barils par jour en juin, à 16,1 millions de barils par jour, un niveau encore inférieur à la moyenne de 24 millions de barils par jour observée avant le début de la guerre.
L’AIE avait indiqué vendredi anticiper pour 2026 une baisse de la demande mondiale légèrement moins marquée que dans son estimation précédente. L’agence expliquait cette amélioration par une « reprise de la demande » après un point bas atteint en mai, en partie liée au rétablissement partiel du transit après le cessez-le-feu signé le 17 juin entre les États-Unis et l’Iran.
Depuis ce cessez-le-feu, le trafic maritime dans le détroit s’est de nouveau nettement réduit. Le ralentissement concerne notamment la route maritime omanaise soutenue par l’ONU, après des attaques contre plusieurs navires et un nouvel échange de frappes entre l’Iran et les États-Unis.
L’Opep relève en parallèle sa prévision pour 2027
Pour 2027, l’Opep retient au contraire une trajectoire de demande plus dynamique qu’en juin. L’organisation évalue désormais la croissance à 1,9 million de barils par jour, soit 200 000 barils par jour de plus que dans son estimation précédente.
La demande totale attendue par l’Opep pour 2027 atteint ainsi 107,9 millions de barils par jour. Le rapport mensuel ajuste ces perspectives en fonction de l’évolution de la conjoncture économique mondiale et des conditions du marché pétrolier.
L’Opep regroupe désormais 11 pays producteurs emmenés par l’Arabie saoudite, après le retrait effectif des Émirats arabes unis début mai. L’alliance élargie Opep+ ajoute dix États à ce périmètre, dont la Russie.
Le 5 juillet, sept pays de l’Opep+ ayant annoncé des ajustements volontaires supplémentaires en 2023, dont l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman, ont décidé d’appliquer un ajustement de production de 188 000 barils par jour à partir d’août.