Onze parcs soutenus sur trois façades maritimes

La décision de la Commission européenne couvre la construction et l’exploitation de onze parcs d’éolien en mer en France, localisés en mer du Nord, dans l’Atlantique et en Méditerranée. Bruxelles a jugé que le dispositif respectait les règles européennes de concurrence et qu’il était « nécessaire, approprié et proportionné pour accélérer la transition vers une économie neutre en carbone ».

Les installations concernées représenteraient jusqu’à 11,1 GW de capacité cumulée. Leur production annuelle pourrait atteindre 47,8 TWh d’électricité renouvelable, soit environ 10,6 % de la consommation électrique annuelle française, selon les éléments transmis dans le cadre de l’autorisation européenne.

Le ministère chargé de l’Énergie avait publié le 12 juin le cahier des charges de l’appel d’offres n°10, dit AO10, qui regroupe onze projets sur les façades maritimes françaises. Ce dispositif porte sur environ 10 GW, répartis à parts égales entre éolien posé et éolien flottant, d’après le gouvernement.

Un contrat pour différence encadre le soutien public

L’aide française prendra la forme d’une prime variable intégrée à un contrat pour différence. Ce mécanisme fixe un prix de référence pour l’électricité produite, afin de réduire l’exposition des exploitants aux variations du marché de gros.

Lorsque les prix de marché seront inférieurs au prix de référence, l’État versera une compensation aux producteurs. À l’inverse, si les prix dépassent ce niveau, les bénéficiaires devront reverser à l’État la différence constatée, selon le principe d’un contrat pour différence bidirectionnel.

La vice-présidente de la Commission européenne chargée d’une transition propre, juste et compétitive, Teresa Ribera, a estimé que « la décision d’aujourd’hui ouvre la voie au régime français de soutien à l’éolien en mer ». Elle a ajouté que la France poursuivrait « ses efforts vers un système énergétique totalement décarboné ».

La France vise 45 GW d’éolien offshore en 2050

La France s’est fixé un objectif de 45 GW de capacités installées en mer à l’horizon 2050, contre environ 2 GW actuellement. Le gouvernement présente cette trajectoire comme l’un des leviers de la décarbonation du système électrique et de la sécurisation de la production nationale à long terme.

Selon le Service des données et études statistiques, la France continentale disposait de 2,3 GW d’éolien en mer raccordés à la fin du premier trimestre 2026, sur un parc éolien total de 26,3 GW. La production offshore a atteint 2,0 TWh au cours de ce trimestre, contre 1,2 TWh sur la même période en 2025.

La filière française a toutefois ralenti en 2025, après plusieurs mises en service et phases de construction engagées les années précédentes. Le gouvernement prévoit, dans le cadre de l’AO10, une analyse des offres par la Commission de régulation de l’énergie début 2027, avant une attribution par la ministre chargée de l’Énergie en février 2027.