Nouvelles attaques américaines sur les zones côtières iraniennes
L’armée américaine a annoncé avoir terminé mercredi soir "une série de frappes nocturnes contre l'Iran", visant des objectifs militaires, dont certains à Bandar Abbas, ville portuaire du sud du pays. Selon Washington, ces opérations devaient "réduire la capacité de l'Iran à menacer des marins innocents" dans le détroit d’Ormuz.
Le Commandement américain pour le Moyen-Orient a aussi fait état d’une première salve plus tôt mercredi contre "des sites de défense côtière et des sites de missiles de croisière sur l'île de Greater Tunb". Côté iranien, la défense antiaérienne a été activée jeudi à Téhéran, tandis que des médias d’État ont rapporté des explosions dans le nord et l’ouest du pays.
Dans le sud, Bouchehr, ville qui abrite la seule centrale nucléaire iranienne, a de nouveau été ciblée mercredi par les États-Unis, de même que les environs d’Iranshahr, dans le sud-est. L’armée iranienne a recensé treize tirs de missiles américains et fait état de sept militaires tués.
Des explosions ont également été signalées par les médias d’État à Bandar Abbas, Rask, Chabahar et sur l’île de Qeshm. Dans le sud-ouest, un hôpital d’Ahvaz a été évacué après des frappes américaines dans la région, les patients ayant été dirigés vers d’autres établissements.
Le blocus et les représailles élargissent le front régional
Les combats ont repris le 7 juillet après des attaques visant des navires dans le Golfe et attribuées à l’Iran. L’intensité des frappes dépasse celle observée depuis le cessez-le-feu d’avril, mais les sites pétroliers et gaziers du Golfe restent jusqu’ici épargnés.
Ces échanges ont rendu caduc le protocole d’accord signé à la mi-juin, censé arrêter les hostilités. Donald Trump a néanmoins salué un "geste de bonne volonté" de Téhéran après avoir annoncé mercredi soir la libération d’une citoyenne américaine retenue, selon lui, en Iran depuis 2024.
Les forces iraniennes ont affirmé avoir visé, avec des drones d’attaque, un radar, "des systèmes de communication et des installations de stockage de carburant de l'armée américaine sur la base aérienne Al-Azraq en Jordanie". Le communiqué a été relayé jeudi matin par la télévision d’État iranienne.
Au Koweït, déjà touché plus tôt mercredi, l’armée a indiqué dans la nuit répondre à des attaques de drones iraniens. Des sirènes d’alerte aérienne ont aussi retenti à Bahreïn, tandis que des explosions ont été entendues mercredi soir près du consulat américain à Erbil, au Kurdistan irakien, après des survols de drones et l’activation de la défense antiaérienne.
Ormuz concentre le risque énergétique mondial
L’Iran a de nouveau verrouillé le détroit d’Ormuz le week-end dernier et affirme que cette voie maritime restera fermée jusqu’à la fin des "agressions" américaines. Téhéran n’autorise plus qu’un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, afin de conserver la main sur ce passage stratégique.
Les États-Unis ont réinstauré depuis 24 heures un blocus des ports iraniens. Dans ce cadre, un avion militaire américain a tiré sur le M/T Belma, pétrolier vide battant pavillon de Curaçao, qui tentait de forcer le dispositif, et l’armée américaine a indiqué que le navire avait été "neutralisé".
Avant la guerre, le détroit d’Ormuz concentrait environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de GNL. Selon l’Agence internationale de l’énergie, près de 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers y ont transité en moyenne en 2025, ainsi qu’une part proche de 20 % des exportations mondiales de GNL depuis le Qatar et les Émirats arabes unis.
Le trafic commercial s’est fortement raréfié après plusieurs attaques contre des pétroliers, avec treize navires recensés mardi par la société de suivi maritime Kpler. Les cours du pétrole évoluaient sans direction marquée jeudi après la hausse du début de semaine, le Brent se maintenant autour de 85 dollars le baril.
Washington renforce aussi son soutien à Riyad
Le gouvernement iranien fait état de plus de trente civils tués depuis la reprise des affrontements. Khadijeh, artisane de 31 ans vivant dans la province du Sistan-Baloutchistan et interrogée depuis Paris, témoigne que "les enfants sont tellement effrayés par le bruit des explosions qu'ils ne s'endorment pas avant le matin".
Dans la même région, Nadin, enseignante de 27 ans, résume la situation par cette phrase : "Nous ne vivons pas, nous survivons. Que Dieu mette fin à la guerre, puis aux difficultés économiques". Les deux témoignages décrivent les effets directs des bombardements sur les populations civiles dans le sud-est iranien.
Le Département d’État américain a annoncé mercredi avoir approuvé une vente d’armes à l’Arabie saoudite pour près de deux milliards de dollars. Washington présente Riyad comme "un allié majeur non membre de l'OTAN qui constitue un facteur de stabilité politique et de progrès économique" dans le Golfe.