Fin des subventions aux carburants
Peu après son investiture il y a un peu plus de trois ans, le président nigérian Bola Tinubu a mis fin aux subventions aux carburants, a cessé de soutenir la monnaie nationale (le naira) et a engagé une refonte de la fiscalité. « Les importantes réformes menées au cours des trois dernières années ont permis d’améliorer les résultats macroéconomiques et de renforcer la résilience de l’économie », écrit le FMI à l’issue d’une mission au Nigeria. La croissance est attendue à 4,1 % en 2026, après 4 % en 2025, selon les projections rapportées.
« Néanmoins, les conditions de vie demeurent difficiles pour de nombreux Nigérians », souligne le FMI. L’inflation a atteint 15,69 % en avril, son plus haut niveau depuis cinq mois, avec une hausse de 16,06 % pour les seuls produits alimentaires. Selon des analystes, la remontée des prix est notamment liée à l’augmentation des tarifs des carburants sur fond de tensions au Moyen-Orient. La structure de dépense des ménages, fortement orientée vers l’alimentation et le transport, accroît la sensibilité à ces hausses.
61 % de la population dans la pauvreté
Le FMI estime que 63 % de la population vivait dans la pauvreté fin 2025, soit près de 148 millions de personnes sur environ 235 millions d’habitants, tandis que plus de 27 millions ont été confrontées à l’insécurité alimentaire au cours de l’année. La Banque mondiale évalue pour sa part à 61 % la part de la population vivant dans la pauvreté en 2025, contre 40 % en 2019.
L’insécurité dans plusieurs régions, en particulier au nord du pays où se concentre une part importante de la production agricole, « constitue un autre risque pour les populations et l’activité économique », selon le FMI. La hausse des prix mondiaux des aliments, des engrais et du carburant pourrait mécaniquement soutenir les recettes publiques du Nigéria, premier producteur de pétrole du continent, mais elle accentue les pressions inflationnistes sur les ménages les plus modestes, aggravant encore la pauvreté et l’insécurité alimentaire.
Élection présidentielle en janvier 2027
La suppression de la subvention aux carburants et la libéralisation du taux de change ont été jugées nécessaires par de nombreux économistes pour assainir les finances publiques et améliorer l’allocation des ressources. La poursuite de la réforme fiscale et le rétablissement de conditions de concurrence dans les secteurs régulés restent des chantiers mis en avant par les bailleurs.
Le FMI appelle à maintenir une politique économique agile afin de contenir les risques et de traduire les gains macroéconomiques en amélioration tangible des conditions de vie. La prochaine élection présidentielle, à laquelle Bola Tinubu brigue un second mandat, aura lieu en janvier 2027.