Le projet Nord Stream 2 espère boucler son financement fin 2018-début 2019

  • AFP
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Le projet controversé de gazoduc russe vers l'Europe par la Baltique, Nord Stream 2, espère boucler son financement fin 2018-début 2019 malgré l'opposition de certains pays européens et la menace de sanctions américaines, a indiqué jeudi le directeur financier du consortium Paul Corcoran.

"Nous discutons avec les organismes de crédit à l'exportation, nous visons une entrée sur le marché l'année prochaine (...) à la fin de cette année, au début de l'année prochaine", a déclaré le directeur financier de Nord Stream 2, cité par l'agence russe RIA-Novosti, lors d'un congrès à Moscou.

Le géant russe Gazprom est le seul actionnaire du projet, dont le coût total est estimé à 9,5 milliards d'euros. Cinq groupes énergétiques européens - Engie, OMV, Shell, Uniper et Wintershall - se sont engagés à financer la moitié du projet, à hauteur de 950 millions d'euros chacune.

Le projet de gazoduc, long de 1 200 km environ, vise à doubler d'ici fin 2019 les capacités de son grand frère Nord Stream 1, et permettre à davantage de gaz russe d'arriver directement en Allemagne via la mer Baltique, donc sans passer par l'Ukraine, en conflit avec la Russie depuis l'annexion de la Crimée en 2014.

Plusieurs pays, Pologne en tête, s'opposent à ce projet et dénoncent sa portée politique visant à pénaliser Kiev qui tire d'importants revenus du transit de gaz russe vers l'Europe. Ils invoquent de plus des préoccupations environnementales ainsi que des risques sécuritaires et certains, principalement les pays d'Europe de l'Est, craignent qu'il puisse être utilisé comme un outil pour renforcer l'influence russe.

Les États-Unis ont pour leur part menacé de manière à peine voilée les entreprises participant au chantier de sanctions. Des sanctions votées contre la Russie en août dernier par le Congrès américain permettent à Washington de sanctionner à tout moment des entreprises, y compris européennes, impliquées dans des projets de gazoducs avec la Russie.

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