Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré mercredi que les doutes français concernant le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne portaient sur la "sécurité énergétique de l'Europe".

Il est ainsi revenu de facto sur des propos tenus lundi par le secrétaire d'État français aux Affaires européennes Clément Beaune qui avait suggéré à Berlin de geler ce projet en réaction au sort réservé à l'opposant russe Alexeï Navalny dans son pays.

"Il ne faut pas confondre les sujets. Nous avons avec les Allemands une discussion sur Nord Stream mais qui concerne essentiellement les enjeux de souveraineté énergétique européenne", a-t-il dit sur la radio Europe 1. "Nous interrogeons les Allemands sur la sécurité énergétique de l'Europe", a poursuivi Jean-Yves Le Drian, faisant état d'une "discussion sereine, loyale et franche" avec Berlin sur le sujet.

Les États-Unis et plusieurs européens s'inquiètent de la dépendance énergétique à laquelle ce projet pourrait conduire l'UE vis-à-vis de la Russie. La polémique a redoublé depuis l'empoisonnement d'Alexeï Navalny - dont ce dernier rend responsable le président Vladimir Poutine -, son incarcération dès son retour en Russie le 17 janvier après cinq mois de convalescence en Allemagne et la répression des manifestations réclamant sa libération.

Lundi, Clément Beaune avait estimé que de nouvelles sanctions seraient peu efficaces et que l'abandon de Nord Stream 2 était une "option" sur la table dans l'affaire Navalny. Les autorités françaises sont-elles donc dans un tel contexte favorables à un abandon de Nord Stream 2 ? "En effet", avait-t-il répondu.

Toute décision d'abandon est de "la responsabilité des Allemands", a insisté Jean-Yves Le Drian, refusant de "s'immiscer dans les choix énergétiques des Allemands".

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