Une déconnexion totale à 16h30

L'Union électrique de Cuba a signalé une « déconnexion totale du réseau électrique national » à 16h30 locales, soit 20h30 GMT. Cette interruption générale est la quatrième en moins de six mois et la neuvième depuis la fin de 2024 dans ce pays de 9,6 millions d'habitants.

La précédente panne nationale remontait au lundi 6 juillet. Les autorités cubaines l'avaient attribuée à une oscillation de tension combinée à une production insuffisante, elle-même liée aux pénuries de carburant. Le système avait été reconnecté deux jours plus tard.

Le quotidien Granma a indiqué que la nouvelle déconnexion intervenait alors qu'une « situation énergétique critique » affectait déjà le pays. Selon l'organe du Parti communiste cubain, les protocoles de contingence ont été déclenchés pour rétablir d'abord l'alimentation des sites essentiels, en particulier les hôpitaux.

Un parc thermique vieillissant sous contrainte de combustible

Le réseau cubain cumule deux fragilités structurelles : des infrastructures anciennes et un accès très restreint au combustible. Les groupes électrogènes, nécessaires pour compléter la production des sept centrales thermiques vieillissantes, sont directement pénalisés par les difficultés d'approvisionnement en carburant.

La centrale Antonio Guiteras, située à Matanzas dans l'ouest de Cuba et considérée comme la principale installation électrique du pays, est arrêtée pour réparation. Elle a déjà été mise hors service plus de quinze fois depuis le début de 2026 à la suite d'avaries successives.

Les interruptions affectent désormais la vie quotidienne au-delà des cycles habituels de délestage. « Ces coupures incessantes empêchent d'avoir une vie normale, il faut vivre au jour le jour. Cela provoque une sensation de ne pas avoir de vie », a déclaré Idania Lopez, une retraitée cubaine de 71 ans.

Le solaire ne compense pas les délestages prolongés

Les délestages atteignent plus de 30 heures consécutives à La Havane et plusieurs jours dans certaines provinces. Cette dégradation se poursuit malgré le programme de construction de parcs solaires engagé il y a deux ans par les autorités cubaines.

Selon des chiffres officiels publiés par Granma en février 2026, Cuba a installé plus de 1 000 MW de capacité solaire en 2025. Le même bilan indiquait que les parcs photovoltaïques fournissaient en moyenne 38 % de l'énergie consommée pendant leurs heures de production diurne, un apport insuffisant pour stabiliser le système lorsque les centrales thermiques et les groupes électrogènes manquent de combustible ou de disponibilité.

La crise électrique s'inscrit dans le conflit avec Washington

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a mis en cause lundi 6 juillet la politique de sanctions des États-Unis, accusant Washington de vouloir « provoquer un soulèvement social en étouffant le pays ». Il a aussi qualifié de « génocidaire » le blocus énergétique appliqué depuis janvier.

Les relations entre les États-Unis et Cuba se sont nettement dégradées depuis le début de 2026, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, allié de La Havane. Washington a également adopté des sanctions visant des entreprises et des responsables cubains.

Le président américain Donald Trump considère que l'île, située à environ 150 kilomètres de la Floride, représente « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a déclaré à plusieurs reprises qu'il pourrait en « prendre le contrôle », tandis que le chef de la diplomatie cubaine Bruno Rodriguez a reconnu fin juin qu'il n'y avait « aucun progrès » dans les pourparlers bilatéraux.