Des frappes élargies dans le sud iranien
L’armée américaine a indiqué avoir mené, dans la nuit de jeudi à vendredi, des attaques contre « des dizaines de cibles militaires iraniennes comme des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes ». Téhéran affirme de son côté que des infrastructures civiles, dont des ponts, un aéroport et une gare, ont été touchées.
Selon la télévision d’État iranienne, deux ponts de la région de Bandar Khamir ont été bombardés, causant la mort de sept personnes. La même source a rapporté des frappes contre une gare à Bandar Abbas et contre l’aéroport d’Iranshahr.
La ville portuaire de Bouchehr, sur la côte sud-ouest de l’Iran, a également été frappée pour la deuxième fois en quelques heures, selon le gouverneur de la ville cité par l’agence Irna. Bouchehr abrite la seule centrale nucléaire en service du pays.
Dans le sud iranien, les médias d’État ont signalé de nombreuses explosions pendant la nuit. « Les attaques se poursuivent et elles sont si violentes que j’en ai les mains qui tremblent », a déclaré Hani, professeur de 34 ans vivant à Ahvaz, ajoutant avoir entendu « au moins 11 ou 12 explosions ».
Le Golfe placé sous menace de riposte
Un porte-parole de l’armée iranienne, cité par la télévision d’État, a averti que « si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l’Iran ». La menace élargit le risque militaire aux installations portuaires, énergétiques et logistiques du Golfe.
Les forces armées du Koweït et du Qatar ont annoncé avoir répondu vendredi à l’aube à des attaques aériennes. À Bahreïn, les sirènes d’alerte ont retenti à deux reprises.
Le même porte-parole iranien a affirmé que la République islamique avait visé, avec des drones explosifs, des sites militaires américains situés au Koweït. Aucune indication consolidée sur d’éventuels dégâts dans ces pays du Golfe n’a été communiquée dans l’immédiat par les autorités citées.
Donald Trump avait menacé cette semaine de s’en prendre aux ponts et aux centrales électriques iraniennes si Téhéran ne revenait pas aux discussions. La porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a déclaré jeudi que le président américain « reste toujours ouvert à la diplomatie dans le même temps », tout en ajoutant qu’il ne laisserait pas l’Iran tirer sur des navires dans le détroit sans conséquences.
Ormuz concentre la pression sur les flux pétroliers et gaziers
Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l’Iran. Depuis, les frappes américaines atteignent une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d’avril et fragilisent les efforts engagés pour sortir durablement du conflit.
Le conflit avait été déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains. Il a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et continue de peser sur l’économie mondiale par ses effets sur les routes énergétiques et les primes de risque maritime.
Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur, a demandé jeudi aux deux parties de mettre « fin aux violences et à reprendre les discussions » dans le cadre du protocole d’accord signé mi-juin. Le négociateur-en-chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a répondu qu’un accord « n’a de sens que lorsque ses clauses sont valides et appliquées ».
Islamabad a aussi réclamé un « retour à la normale dans le détroit d’Ormuz », de nouveau verrouillé par l’Iran le week-end dernier. Les États-Unis ont répliqué en rétablissant leur blocus des ports iraniens.
Avant la guerre, ce passage maritime voyait transiter environ un cinquième du pétrole et du GNL mondiaux. Selon l’Energy Information Administration américaine, les flux pétroliers par Ormuz ont atteint 20,9 millions de barils par jour au premier semestre 2025, soit environ 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers et un quart du commerce maritime mondial de pétrole.
Le trafic dans le détroit s’est raréfié depuis la reprise des hostilités. Sur les marchés, le Brent restait autour de 85 dollars vendredi, Reuters le donnant à 85,28 dollars le baril à 01 h 18 GMT, en hausse de 1,25 %.