Les sites en lice
Six sites nucléaires existants défendent leur candidature pour accueillir les huit EPR2 supplémentaires mis à l’étude dans le cadre de la relance française de l’atome. L’État doit en retenir au plus quatre, chaque implantation correspondant à une paire de réacteurs de nouvelle génération.
Les sites en lice sont Nogent-sur-Seine (Aube), Golfech (Tarn-et-Garonne), Tricastin (Drôme/Vaucluse), Le Blayais (Gironde), Creys-Malville (Isère) et Chinon (Centre-Val de Loire). Ces éventuels nouveaux chantiers s’ajouteraient aux trois paires déjà engagées à Penly, Gravelines et Bugey.
Pour rappel, le programme annoncé par Emmanuel Macron en février 2022 porte d’abord sur six réacteurs nucléaires EPR de type EPR2, avec une option portant sur huit unités supplémentaires. EDF chiffre le devis prévisionnel des six premiers réacteurs à 72,8 milliards d’euros en valeur 2020, selon son estimation présentée en décembre 2025.
Les élus locaux défendent leurs projets
La séquence de décision s’accompagne d’une phase de défense des dossiers territoriaux. Mercredi, François Baroin, maire de Troyes, et Franck Leroy, président du conseil régional du Grand Est, ont été reçus au siège d’EDF pour soutenir le projet de Nogent-sur-Seine auprès de Bernard Fontana, président-directeur général du groupe.
Le Blayais bénéficie du soutien d’Alain Rousset, président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, déjà reçu ou appelé à l’être dans ce processus. Golfech est porté par Carole Delga, présidente de la région Occitanie, tandis que le dossier du Tricastin réunit les appuis des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie.
Dans un entretien à La Tribune dimanche publié début août, Bernard Fontana a insisté sur la mobilisation des territoires candidats. « Plusieurs territoires sont déjà très désireux d'accueillir ces nouveaux réacteurs », a-t-il déclaré.
La recherche de « sources de refroidissement sobres en eau »
Le choix des sites ne repose pas uniquement sur le soutien politique local. Bernard Fontana a indiqué que l’étude sur les huit réacteurs additionnels serait « remise à la fin de l'année » et que les équipes examinaient « les critères techniques : qualité du sol, accès au réseau, sources de refroidissement sobres en eau, mais aussi l'engagement des régions ».
La décision finale d’investissement pour les sites des 3 premières paires d'EPR déjà identifiés (Penly, Gravelines et Bugey) est attendue d’ici la fin de 2026, dans le cadre d’un Conseil de politique nucléaire. L’État, actionnaire à 100 % d’EDF, doit également profiter de cette échéance pour arrêter sa position sur les quatre autres implantations possibles. Le Conseil de politique nucléaire du 12 mars 2026 a confirmé l’objectif d’une première mise en service à Penly en 2038. EDF prévoit ensuite un rythme de mise en service de 12 à 18 mois pour les réacteurs suivants. Le schéma de financement prévoit notamment un prêt bonifié de l’État couvrant 60 % du montant total du programme, financé par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts.
Le parc nucléaire français compte actuellement 57 réacteurs en service dans 18 centrales.