Le Sidr touché lors de sa sortie du détroit
Le navire Sidr a été visé dans la soirée du lundi 31 août alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, a indiqué Bahri dans un communiqué publié sur X mercredi 2 septembre. Le groupe a confirmé « le navire Sidr a été impliqué dans un incident sécuritaire alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz » et a annoncé la mort de deux membres philippins de l’équipage.
L’agence maritime grecque Marisks avait indiqué mardi que le pétrolier avait été atteint par « des projectiles d’origine inconnue » alors qu’il quittait ce passage stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Selon la même source, un autre tanker, le Senegal Prosperity battant pavillon libérien, a également été ciblé.
Un couloir énergétique sous pression depuis février
Avant la guerre au Moyen-Orient, environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait par Ormuz. Selon l’Energy Information Administration américaine, les flux pétroliers par ce détroit ont atteint en moyenne 20 millions de barils par jour en 2024, soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers.
La tension maritime s’inscrit dans un conflit déclenché fin février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran. Téhéran verrouille depuis le passage, tandis que les États-Unis ont imposé en réaction un blocus aux ports iraniens.
L’Iran affirme vouloir imposer des frais de service et vise régulièrement des navires accusés de ne pas emprunter l’itinéraire qu’il a défini le long de ses côtes. Ces attaques répétées ont participé à la rupture du cessez-le-feu conclu en avril entre Washington et Téhéran.
Les incidents maritimes se multiplient autour d’Ormuz
L’Organisation maritime internationale recensait, au 1er septembre 2026, 71 incidents confirmés dans le détroit d’Ormuz et plus largement au Moyen-Orient, ainsi que 19 morts parmi les gens de mer, avant le bilan annoncé par Bahri pour le Sidr. Le Senegal Prosperity figurait dans cette liste comme endommagé le 31 août à 17 milles nautiques à l’est de Khasab, à Oman, sans pollution signalée.
Mercredi, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé que deux pétroliers étaient en feu après avoir heurté des mines dans le détroit. Plus tôt, l’Iran avait revendiqué des frappes de grande ampleur contre des bases militaires américaines dans la région, en réponse à une nouvelle salve de frappes de Washington.
Selon l’Associated Press, le Commandement central américain avait déclaré que des forces américaines avaient frappé le 30 août des lanceurs iraniens sur l’île de Larak, après avoir observé, selon lui, des préparatifs de tirs de roquettes transportant des mines marines vers le détroit. Cette séquence a replacé la sécurité du transport de pétrole et de GNL au centre des opérations militaires dans le golfe.