Des discussions sur le transit maritime

Le ministère omanais des Affaires étrangères a indiqué que les négociations avec l’Iran sur les modalités de navigation dans le détroit d’Ormuz « se déroulent dans une atmosphère positive et constructive ». Mascate a aussi condamné « les attaques répétées » contre des navires, sans désigner explicitement Téhéran, et demandé aux parties de ne pas compromettre le processus diplomatique.

L’Iran affirme depuis plusieurs jours avoir trouvé avec le sultanat un accord sur un itinéraire de transit des navires. Oman, dont les côtes bordent également cette voie maritime entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, ne s’était pas encore exprimé publiquement sur ces discussions.

Selon le ministère omanais, les arrangements discutés doivent tenir compte des intérêts des différentes parties et du droit international. Le 14 juillet, Mascate avait déjà réaffirmé sa coopération avec toutes les parties pour rétablir la liberté de navigation dans le détroit, conformément à ses obligations au titre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

L’Iran refuse un retour au régime d’avant-guerre

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, la République islamique contrôle étroitement cette voie stratégique et vise régulièrement des navires qui s’y engagent sans son feu vert. Téhéran exclut un simple retour aux conditions de circulation antérieures au conflit.

Les autorités iraniennes veulent à terme mettre en place des frais de service liés au transit, une perspective rejetée par les États-Unis. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé que les discussions avec Oman « approchaient de leur phase finale », tout en invoquant des « problèmes techniques » pour expliquer le retard d’une annonce attendue depuis plusieurs jours.

Araghchi a toutefois répété que l’aboutissement de ces échanges ne signifierait pas automatiquement une réouverture du détroit. Il a évoqué d’autres « conditions et compensations » à négocier, alors que Téhéran réclame notamment la levée du blocus américain des ports iraniens.

Les Gardiens de la Révolution, puissante force armée iranienne, ont affirmé que « la réouverture du détroit suit son propre mécanisme et n’a rien à voir avec les négociations entre l’Iran et Oman ». Ils ont aussi appelé l’ennemi « à s’abstenir d’interférer ».

Un nouveau pétrolier visé dans le détroit

Les Émirats arabes unis ont annoncé qu’un pétrolier de la compagnie nationale Adnoc avait été touché par une attaque de missile dans le détroit d’Ormuz, sans victime. Abou Dhabi impute cette attaque à l’Iran.

Adnoc avait indiqué vendredi que 15 de ses navires avaient été pris pour cible dans le détroit depuis le début de la guerre fin février, dont trois au cours de la semaine. L’agence maritime britannique UKMTO a signalé samedi qu’un navire avait été atteint par « un projectile d’origine inconnue » dans le détroit, provoquant un incendie.

UKMTO a précisé qu’« aucun impact environnemental n’a été signalé » et que « l’équipage est sain et sauf ». L’agence n’a pas indiqué s’il s’agissait du même navire que celui mentionné par les autorités émiraties.

L’Organisation maritime internationale avait recensé le 24 avril 29 attaques vérifiées contre des navires dans le golfe Persique et autour du détroit depuis le début du conflit, avec au moins 10 marins morts. À cette date, l’OMI estimait qu’environ 20 000 marins se trouvaient encore dans le Golfe à bord d’environ 1 600 navires.

Un enjeu direct pour les flux pétroliers et gaziers

Avant la guerre, environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait par Ormuz, selon les données citées par les autorités américaines. IFP Énergies nouvelles évaluait le 2 mars les flux passant par ce point de passage à près de 20 millions de barils par jour de pétrole et à plus de 100 milliards de m3 de GNL par an.

Le président américain Donald Trump a dit jeudi espérer une réouverture prochaine du détroit. Un accord irano-omanais pourrait aussi faciliter une reprise du dialogue entre Téhéran et Washington en vue d’un règlement durable du conflit.

Un précédent protocole signé en juin avait permis la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz. Cette séquence s’était interrompue début juillet après de nouvelles attaques contre des navires, qui avaient fait voler en éclats l’entente.

Les bombardements américains ont cessé depuis plus d’une semaine, de même que les frappes de représailles menées par l’Iran contre les alliés de Washington dans la région, du Golfe à la Jordanie. Selon l’OMI, le dispositif de séparation du trafic adopté en 1968 reste la seule route internationalement reconnue à travers le détroit.