Les livraisons des clients des grossistes vont être "sévèrement et généralement compromises à partir de vendredi" si la pénurie de carburant perdure, a prévenu jeudi soir la CGF, l'organisation professionnelle du secteur.
"Les entreprises du commerce de gros sont logées à la même enseigne que tout automobiliste et sont confrontées aux mêmes écarts géographiques", s'alarme la CGF, dont une enquête auprès de ses adhérents révèle leur "inquiétude grandissante".
Selon la Confédération des grossistes de France (CGF), 85% de ses membres ne disposent pas personnellement de cuve de carburant et, en moyenne, un plein permet de circuler entre deux et cinq jours selon le kilométrage et la fréquence de rotation. Pour ceux qui possèdent une cuve, les stocks permettent de tenir entre trois et 15 jours. Ces grossistes "craignent de réels risques d'arrêt d'activité à l'approche de la fin de semaine si la situation des livraisons ne s'améliore pas", assure la CGF.
"L'attente à la pompe des conducteurs des grossistes et le temps passé à chercher une station approvisionnée est du temps de travail rémunéré et non productif, occasionnant des heures supplémentaires pour la réalisation des tournées. Certaines entreprises ont avancé tôt le matin (04h00) les horaires de prise de service", poursuit-elle.
Ce mouvement de grève dure déjà depuis deux semaines dans certaines raffineries TotalEnergies et Exxon et dépôts de carburant. Il provoque des difficultés d'approvisionnement dans un tiers des stations-service françaises.
La CGF représente 150 000 entreprises partout en France, dont 95% de PME, qui emploient 961 000 salariés et génèrent près de 850 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Le secteur recrute chaque année 90 000 personnes et mobilise 60 000 camions.
Thématique