Une acquisition structurée autour de la reprise de dette
L’accord annoncé mercredi 5 août porte sur des actifs pétroliers en Colombie et en Équateur, avec une valeur d’entreprise de 1,3 milliard de dollars, soit environ 1,1 milliard d’euros. Maurel & Prom présente cette opération comme le socle d’une « plateforme de premier plan » en Amérique latine.
Le montant effectivement décaissé en numéraire par le groupe français ne correspondra pas à cette valorisation, car Maurel & Prom reprendrait une partie importante des engagements financiers de Gran Tierra. Le groupe prendrait notamment à sa charge une dette de 582 millions de dollars arrêtée au 30 juin 2026, ainsi qu’une facilité de prépaiement de 350 millions de dollars.
Maurel & Prom vise une finalisation autour du 31 décembre 2026. La transaction reste conditionnée au vote favorable des actionnaires de Gran Tierra, à l’accord de ses créanciers et à l’obtention des autorisations réglementaires en Colombie et en Équateur.
Un portefeuille de 29 026 barils par jour au premier semestre
Les actifs concernés ont produit 29 026 barils par jour en net au premier semestre 2026, selon les chiffres communiqués par Maurel & Prom. Le groupe français indique viser une hausse à 40 000 barils par jour à l’horizon 2029-2030, avec des réserves certifiées évaluées à 144 millions de barils.
En Colombie, l’opération renforcerait une présence déjà amorcée par Maurel & Prom, qui détient une licence gazière dans le pays. Les actifs repris couvriraient plusieurs bassins pétroliers et comprennent des champs matures, exploités depuis de nombreuses années mais présentant encore, selon l’entreprise, un potentiel de récupération supplémentaire.
L’accord ouvrirait aussi l’Équateur à Maurel & Prom, via le bassin de l’Oriente, situé dans la partie amazonienne du pays. Le portefeuille équatorien s’étendrait de la production existante à l’exploration de nouveaux gisements.
La Colombie devient un axe plus important pour Maurel & Prom
Avant cette transaction, Maurel & Prom avait déjà consolidé son implantation colombienne avec le permis gazier Sinu-9. Dans son point d’activité du 21 juillet 2026, le groupe indiquait une production gazière en part d’intérêt de 7,6 millions de pieds cubes par jour en Colombie au premier semestre 2026.
Sur ce même permis Sinu-9, Maurel & Prom précisait que la production courante de juillet atteignait environ 11 millions de pieds cubes par jour en part d’intérêt, soit 18 millions de pieds cubes par jour en brut. Le groupe indiquait aussi que la capacité d’exportation devait passer de 30 à 40-45 millions de pieds cubes par jour après la mise en service d’une première boucle de pipeline vers Jobo.
À l’échelle du groupe, la production en part d’intérêt atteignait 37 890 barils équivalent pétrole par jour au premier semestre 2026, en hausse de 3 % par rapport au second semestre 2025, selon Maurel & Prom. Le groupe affichait au 30 juin 2026 une trésorerie nette positive de 255 millions de dollars, avec 368 millions de dollars de cash et 113 millions de dollars de dette brute.
Gran Tierra recentre son portefeuille hors des actifs cédés
Gran Tierra est une société d’exploration-production dont les activités déclarées en 2026 couvraient notamment la Colombie, l’Équateur et le Canada. Dans ses prévisions révisées publiées au premier trimestre 2026, l’entreprise visait une production totale de 40 000 à 45 000 barils équivalent pétrole par jour sur l’année.
Dans ce budget 2026, Gran Tierra anticipait 20 000 à 23 000 barils équivalent pétrole par jour en Colombie et 7 000 à 8 000 barils équivalent pétrole par jour en Équateur. Ces deux pays forment le périmètre opérationnel visé par l’accord avec Maurel & Prom.
La réalisation de l’opération transférerait donc à Maurel & Prom un portefeuille essentiellement pétrolier en Amérique latine, tout en laissant ouverte la phase d’approbation par les actionnaires, les créanciers et les autorités compétentes des deux pays concernés.