Pétrole: l'AIE signale un risque de hausse des cours avec l'Iran et le Venezuela

  • AFP
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L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a mis en garde jeudi contre une possible hausse des cours du pétrole avec la baisse des exportations du Venezuela et de l'Iran. "Si les exportations vénézuéliennes et iraniennes continuent de chuter, les marchés pourraient se resserrer et les cours du pétrole grimper, sans augmentation de la production par ailleurs pour compenser", indique l'agence basée à Paris dans son rapport mensuel sur le pétrole.

"La fourchette de 70-80 dollars pour les cours du Brent, en place depuis avril, pourrait être testée", juge-t-elle. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre avait clôturé à 79,74 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres mercredi.

L'AIE, qui alerte régulièrement sur un possible déficit de l'offre au niveau mondial alors que la demande continue de croître, estime que "nous entrons dans une période absolument cruciale pour le marché pétrolier". D'abord, le Venezuela a connu une érosion continue de sa production en raison des graves troubles intérieurs que connaît le pays. Elle y a atteint 1,24 million de barils par jour (Mb/j) en août et pourrait reculer à seulement 1 Mb/j d'ici la fin de l'année, selon l'AIE.

Ensuite, l'Iran est touché par des sanctions décidées par les États-Unis à la suite de leur retrait unilatéral en mai de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec les grandes puissances. Elles ont déjà été rétablies dans certains domaines et seront suivies le 4 novembre d'autres mesures affectant notamment le secteur pétrolier et gazier.

Les exportations iraniennes ont déjà chuté "significativement", selon l'AIE, qui s'interroge sur les décisions qui seront prises par les entreprises et les pays clients d'ici début novembre pour se conformer aux nouvelles sanctions.

L'AIE évoque aussi le cas de la Libye, où la production a rebondi mais où la situation reste fragile, comme l'illustre l'attaque récente contre le siège de la Compagnie nationale de pétrole (NOC) à Tripoli. Face à ces menaces sur l'offre, "il reste à voir si d'autres producteurs décident d'augmenter leur production", souligne l'AIE.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses partenaires - dont la Russie - s'étaient mis d'accord fin juin pour augmenter leur production et l'Irak et l'Arabie Saoudite ont plus pompé le mois dernier.

Mais il n'est pas facile d'estimer les capacités de production supplémentaires qui pourront être facilement mobilisées, indique l'Agence.

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