Les conteneurs tirent l’activité

Parmi les principaux ports français, Marseille-Fos a décrit un premier semestre peu affecté par la guerre en Ukraine et par les tensions au Moyen-Orient. Hervé Martel, président du directoire du grand port maritime de Marseille, a indiqué lors d’une conférence de presse que l’établissement recevait « très peu de flux en provenance du Golfe ».

La progression la plus nette provient des conteneurs, dont l’activité a augmenté de 13 % par rapport au premier semestre 2025. Le port attribue cette hausse à des opérations de transbordement et à la réorientation de certains flux en Méditerranée, dans un contexte de recomposition du transport maritime.

Les trafics liés aux pétroliers sont également en croissance, avec une hausse de 10 % du brut sur un an. Hervé Martel a expliqué cette évolution par le niveau d’activité des raffineries de la zone, qui « tournent à plein ».

Le GNL recule fortement avec les contraintes du réseau

À l’inverse, le GNL a chuté de près de 50 % sur le semestre. Selon le port, cette baisse résulte d’un problème sur le réseau de NaTran, marqué par des incidents ayant conduit l’opérateur à limiter la pression.

Hervé Martel a indiqué que la situation « devrait être réparée en septembre ». La Commission de régulation de l’énergie avait déjà signalé que l’incident du 26 septembre 2025 sur le réseau de NaTran avait entraîné une réduction des capacités de regazéification des terminaux méthaniers de Fos.

Dans une délibération publiée début 2026, la CRE mentionnait une réduction des souscriptions au point d’interface transport terminal méthanier de Fos à 200 GWh/j jusqu’au 31 août 2026. Le poids énergétique de Marseille-Fos reste élevé : le port faisait état de 47,6 Mt de vracs liquides traités en 2025 dans ses chiffres clés publiés en janvier 2026.

La sidérurgie donne un signal positif

Le port a aussi accueilli favorablement l’annonce par ArcelorMittal du redémarrage de son deuxième haut-fourneau à Fos-sur-Mer, présentée début juillet. Hervé Martel y voit « un signal positif pour la sidérurgie », secteur directement lié aux flux industriels du bassin portuaire.

Le site sidérurgique de Fos-sur-Mer emploie 2 500 salariés et génère une activité pérenne pour environ 1 200 salariés de sous-traitants, selon ArcelorMittal dans une communication de mars 2026. Le groupe indiquait alors prévoir 90 millions d’euros d’investissements sur le site en 2026 pour accompagner sa montée en puissance.

Le roulier automobile évolue en sens inverse, avec un repli de 5 % à 6 % par rapport à 2025. Le port attribue cette baisse à la concurrence d’autres places méditerranéennes sur le trafic de voitures.

La croisière progresse, les lignes régulières reculent

Le trafic passagers présente une évolution contrastée. La croisière gagne 5 % sur le semestre, tandis que les lignes régulières reculent de 9 % sur la Corse et de 13 % sur le Maghreb.

Marseille-Fos explique la baisse sur le Maghreb par une forte concurrence exercée par d’autres ports. En 2025, l’établissement indiquait avoir accueilli plus de 4 millions de passagers, dont 2,6 millions de croisiéristes.

Le port poursuit en parallèle l’équipement électrique de ses quais pour les navires à passagers. Selon Marseille-Fos, ce programme représente plus de 50 millions d’euros et doit rendre adressables plus de 2 000 escales par an.