Une baisse à la pompe jugée peu crédible
Les signataires de la tribune publiée samedi 3 octobre contestent l’idée selon laquelle la suppression des certificats d’économies d’énergie ferait mécaniquement reculer les prix de l’essence et du gazole en station. « Si l'idée est illusoire (car supprimer ces CEE n'aurait que peu ou pas d'effet sur les prix en station), elle est surtout dangereuse et extrêmement contre-productive », affirment ces organisations.
Le raisonnement défendu par les partisans d’une suppression repose sur l’allègement des obligations supportées par les distributeurs de carburants, TotalEnergies étant cité comme le principal acteur concerné. Libérés de cette charge, ces fournisseurs pourraient, selon cette thèse, réduire leurs prix de vente à la pompe.
Les organisations opposées à cette mesure rappellent que certaines prises de position publiques ont évoqué une baisse pouvant aller « jusqu'à 25 centimes du litre ». Elles qualifient cette perspective de « solution mirage », sans désigner nommément les responsables politiques ou économiques qui la soutiennent.
Un dispositif d’obligation pour les vendeurs d’énergie
Les CEE imposent aux fournisseurs d’énergie un objectif chiffré d’économies d’énergie fixé par l’État. Ces acteurs doivent financer ou provoquer des opérations de réduction de consommation, afin de contribuer à la baisse de l’usage des énergies fossiles.
Selon le ministère chargé de l’Énergie, le dispositif repose sur une obligation d’économies exprimée en kWh cumac, un indicateur cumulant les économies d’énergie attendues sur la durée de vie des équipements ou travaux concernés et les actualisant dans le temps. Les opérations peuvent concerner le résidentiel, le tertiaire, l’industrie, l’agriculture, les transports ou les réseaux.
Les dix-huit organisations signataires appartiennent notamment aux secteurs du bâtiment, des équipements, des énergies renouvelables, de l’électrification et des technologies énergétiques. Ces filières bénéficient directement ou indirectement des financements liés aux CEE, qui soutiennent des travaux ou investissements d’efficacité énergétique.
Un clivage politique et économique autour du coût du dispositif
La suppression des CEE est principalement défendue par des élus situés à droite du gouvernement, notamment au sein des Républicains et du Rassemblement national. Dans la grande distribution, Michel-Édouard Leclerc, dirigeant des Centres E. Leclerc, plaide aussi pour une suspension du dispositif afin de faire baisser temporairement les prix à la pompe.
Le gouvernement et une large partie de l’opposition de gauche défendent au contraire le maintien des certificats. En septembre, le ministre des PME Serge Papin avait dénoncé « un côté démagogique » dans les demandes de suppression.
Les organisations professionnelles mettent en avant le rôle budgétaire du mécanisme pour les politiques de maîtrise de la demande. « Vouloir affaiblir le dispositif des CEE, c'est oublier qu'il finance 8 à 10 milliards d'euros d'aides à la transition énergétique, à l'électrification, à la réduction de nos consommations d'énergie et à la lutte contre la précarité énergétique », écrivent-elles.
La sixième période du dispositif a démarré en 2026, selon le ministère de l’Économie, qui indique que les vendeurs d’énergie doivent y satisfaire à des obligations pluriannuelles d’économies d’énergie.