Problèmes de l'EPR : le PDG d'EDF promet des « décisions concrètes » sur la filière nucléaire

  • AFP
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Le PDG d'EDF a annoncé mardi des "décisions concrètes" à venir sur la filière nucléaire qui vit "des moments difficiles" avec les problèmes sur les chantiers de réacteurs EPR en France et en Angleterre.

"Il ne faut pas se voiler la face, la filière nucléaire française vit des moments difficiles parce que s'accumulent des problèmes de qualité industrielle dans la réalisation des chantiers. De ce fait, les devis, les délais ne sont pas respectés", a déclaré Jean-Bernard Lévy lors d'un congrès à Nice. "Ces lacunes dans la gestion industrielle portent un tort immense à la crédibilité de notre savoir-faire nucléaire. Pour nos clients comme pour les talents qui aspirent à nous rejoindre", a-t-il poursuivi, selon le texte de son discours transmis à l'AFP.

EDF a annoncé récemment un nouveau surcoût pouvant aller jusqu'à 3,3 milliards d'euros pour les deux réacteurs EPR qu'il construit à Hinkley Point C en Angleterre. Le chantier de l'EPR de Flamanville (Manche) a pour sa part encore pris du retard à la suite de problèmes de soudures. Ces problèmes ont conduit le gouvernement à commander cet été un audit extérieur sur la filière, qui doit être remis le 31 octobre. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a assuré dimanche qu'il en tirerait "toutes les conséquences à tous les étages", y compris à EDF.

"Lorsque nous aurons validé la solution retenue pour remédier aux soudures dont la qualité n'est pas au standard attendu, il nous faudra remettre en ordre au plus tôt les objectifs financiers et calendaires du chantier de Flamanville", a rappelé pour sa part Jean-Bernard Lévy. "Mais au-delà de Flamanville, c'est bien pour la filière dans son ensemble que j'aurai à annoncer des décisions concrètes car nous devons collectivement tirer les leçons de cette situation", a-t-il conclu.

EDF prévoyait ces dernières années de démarrer l'EPR de Flamanville fin 2019, pour une mise en service commerciale en 2020, quand le calendrier initial tablait sur 2012. Son coût a entre-temps plus que triplé, à 10,9 milliards d'euros. Mais sa mise en service n'aura finalement pas lieu avant fin 2022 et sera ainsi encore retardée d'au moins trois ans à la suite des problèmes de soudures, avait annoncé EDF cet été.

Commentaires

Rochain

S'acharner sur le nucléaire c'est croire au miracle d'une solution qui date du siècle précédent et qui pourrait en franchir deux en restant la meilleure solution.
S'agripper à une technologie qui a brillée en son temps c'est aussi ce que font les constructeurs de véhicules thermiques aujourd'hui.
C'est aussi ce qu'on fait les mécanographes devant la montée de l'informatique, ce qu'on fait les canuts de Lyon face à l'automatisme, ce qu'on fait les fabricants de bougies face à la lampes à incandescence, et cela a toujours été un échec d'autant plus retentissant que l'acharnement a été long.
Serge Rochain

Julien Glaizal

Sauf que le principe d'utiliser l'énergie cinétique du vent pour transformer de l'énergie est un principe qui existe depuis le bas Moyen-âge, et que celui d'utiliser l'énergie nucléaire existe lui depuis environ un demi-siècle. Il est peu dire que votre analogie se retourne contre vos présupposés.
Si vous croyez que l'on pourra s'affranchir du nucléaire, en particulier des générations à neutrons rapides et cycle thorium, dans un monde où la raréfaction des énergies fossiles est prévisible à courte échéance (qui assurent toujours les 4/5 de nos besoins totaux en énergies), simultanément à une augmentation significative des courbes démographiques, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil.
Vous vous le fourrez également si vous croyez que l'humanité pourra se contenter de sources d'énergies intermittentes, bâties de surcroit à partir de technologies et systèmes qui, quand on les regarde dans le détail, sont excessivement consommateurs de minerais stratégiques et autres de terres rares, pour la plupart difficilement recyclables (Bihouix), et dont la raréfaction à coute échéance est là encore actée.

Rochain

Monsieur Glaizal vos allégations qui ne sont qu'opinion se soldent à du vent. Rien ne se retourne contre mes "présupposés" puisque vous êtes le seul à faire et à parler du vent.
Les ENR ne se soldent pas aux éoliennes, et de plus le vent était utilisé déjà bien avant le moyen âge, ne serait-ce que pour faire avancer les bateaux, mais le sujet n'est pas là.
Vous mélangez allègrement des notions qui vous paraissent de nature à impressionner vos contradicteurs en parlant de générations à neutrons rapides et cycle thorium qui n'ont absolument rien à voir et reposent sur des principes physiques différents..
Les sources intermittentes n'existent pas il n'y a que des sources variables dont les périodes de variations sont bien connues. Quant au pillage de la planète et de ces terres rares dont le qualificatif de rare à de quoi impressionner là encore le néophyte, d'une part elles ne sont pas rares mais de plus elles n'entrent pas obligatoirement dans les dispositifs modernes de production d'énergie, pour celles qui en utilisent, n'étant qu'une simplicité dont on pourrait se passer. Les éoliennes, puisque vous en parlez utilisent souvent du néodyme sans que ce soit une obligation et l'industrie du solaire, que ce soit à concentration ou par transformation photovoltaïque n'utilise rien de tout cela. Il n'y a aucune réfaction même à longue échéance de ce qui est indispensable aux ENR.
Les ENR représentent aujourd'hui 25% du mixte électrique mondial alors que le nucléaire peine à hauteur de 10% et cette proportion est toujours sur la pente descendante. Les tentatives d'accroitre la puissance des réacteurs nucléaires de la technologie à eau pressurisée avec les EPR qui de ce point de vue ne sont nullement une technologie différente des réacteurs précédents en France, s'est avéré être une catastrophe technologique et économique qui signe probablement la fin de l'ère nucléaire. Les EPR de Flamanville, en Angleterre et en Finlande sont de véritables fiascos, et ceux de Chine ont également subis plusieurs années de retard, au moins quatre ans, et sur le plan économique on ne sait rien de la part de ses dirigeants dont la transparence n'est pas non plus leur première qualité. D'ailleurs les investissement mondiaux dans la production d'énergie sont beaucoup plus importants en direction des ENR que dans celle du nucléaire. Les investisseurs où qu'ils soient ne s'y sont pas trompés, peux réceptifs à l'influence du lobby nucléaire d'origine franco-française.
Les ENR finiront malgré les inconvénients que vous présentez comme rédhibitoires par emporter la totalité des marchés de l'énergie car ils sont tous bien plus anecdotiques que ce que vous imaginez, et de très loin, et de toutes les façons tous solubles bien plus économiquement que ce que vous croyez là encore. Aujourd'hui l'électricité d'origine solaire coute 7 fois et demi moins cher que l'électricité nucléaire et si vous ajoutez le coût de stockage pour comparer à égalité de service c'est encore 3 fois moins cher. L'économie aura raison du nucléaire. Vous écrivez beaucoup mais vous manquez d'informations.
https://www.batirama.com/article/26939-photovoltaique-comwatt-est-pret-…
https://www.connaissancedesenergies.org/electricite-etat-des-lieux-sur-…
https://www.boursier.com/actualites/economie/nucleaire-trop-lent-lourd-…
https://www.elementschimiques.fr/?fr/proprietes/abondances/abondance-da…
https://www.revolution-energetique.com/le-demantelement-et-le-recyclage…
Vous voudrez bien noter qu'il ne s'agit pas de sites d'opinions
Serge Rochain

Bailly Jacques

Malheureusement combien ce commentaire est vrai !!!
Mais à celà se sont ajoutées les incompétences d'EDF à de nombreux niveaux tant techniques que managériales qui ont , au fil du temps , généré tant d'échecs successifs qu'ils ont brisé l'outil industriel que possédait la France et décrédibilisé le pays aux yeux du monde entier pour cette technologie , sans parler bien entendu de l'Image de l'entreprise !

Julien Glaizal

Notez que je parlais DES générations de réacteurs nucléaires, incluant donc les deux précitées. Aussi vous m'avez mal lu.
Derrière la vulgate consistant à soutenir que les énergies intermittentes type solaire/photovoltaïque, qui produisent toujours dans le monde 60% de moins que l'électronucléaire (AIE2019), serait à vous lire incroyablement compétitives, les arguties fallacieuses ne résistent pas aux faits, incontournables :
1/ Ces énergies restent spécifiquement et massivement subventionnées partout sur la planète.
https://www.cre.fr/content/download/19514/file/CP_180716_CSPE%202019.pdf
2/ Les pays qui ont poussé le plus dans la voie de leur développement et pénétration dans leur mix, voient le prix du KWh payé par leurs consommateurs finaux le plus élevé (exemple fameux en Europe du Danemark et de l'Allemagne).
https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Electricit…
Sur la question écologique, qui n'est pas la moindre, c'est encore pire :
L’Allemagne a produit en 2018 4X plus d’électricité à partir de sources renouvelables intermittentes que la France (24% du mix contre 6%). Or le système de production d’électricité français a émit sur le même laps de temps 12X moins de CO2 par KWh produit que son pendant allemand (40grCO2/KWh contre 472gr). 12X moins !
https://allemagne-energies.com/2019/01/07/le-paysage-energetique-allema…
https://rte-france.com/sites/default/files/be_pdf_2018v3.pdf
Quant à dire que le développement des énergies intermittentes ne posent pas de problème du côté des ressources stratégiques, ce n'est pas l'avis des analystes du COMES :
http://www.mineralinfo.fr/sites/default/files/upload/comes_-_note_de_po…
Ou même de celui des membres de l'Académie des sciences :
https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/lpdv_190417.pdf
Accessoirement :
https://www.linkedin.com/pulse/pourquoi-la-gestion-dun-réseau-électriqu…

Rochain

Je subventionne mo, boulanger lorsque je lui achète le pain comme les ENR sont subventionnées lorsqu'on leur achète l'électricité qu'ils produisent. Quant au cout de production de l'électricité produite par les ENR vous les confondez avec le coût de vente au consommateur dont certains comme le Danemark incluent plus de taxes que de fourniture. Dire que c'est parce que l'Allemagne a fait 40% de sa production électrique avec les ENR notamment de l'éolien qu'ils émettent plus de CO2 que la France c'est ne pas vouloir voir qu'ils en émettaient plus encore avant que l'éolien n'ait remplacer le nucléaire.
Quant à la criticité des ressources pour faire face aux développement des ENR, tout au plus peut on constater que les capacités extraites aujourd'hui ne seraient pas suffisantes si nous en restions à ces production mais par le passé non plus on n'a jamais chercher à extraire ce dont on n'avait pas besoin, et c'est ce qui ressort des sites du COMES ou de l'avais de l'académie des science. Par exemple lorsqu'elle note qu'il faudrait 360 000 tonnes de lithium pour stocker 2 jours de notre consommation électrique sachant qu'aujourd'hui on en extrait 40 000 tonnes par an, cela n'a rien d'inquiétant puisque cela ne représente que 9 années d'extraction d'un produit dont on n'a aujourd'hui que très peu besoin. Il faut bien plus de temps que cela pour construire un EPR. Si les partisans de la calèche à cheval avaient projeté la quantité phénoménal d'acier dont le monde de l'automobile allait avoir besoin en se référant à la quantité produite alors chaque année, il n'y aurait aucun homme raisonnable pour croire que ce monde allait tout de même émerger. On ne projette pas l'avenir en regardant dans le rétroviseur. D'ailleurs, sachez que l'avenir du nucléaire, si tant est qu'il en ait un, indépendamment de son extinction pour raison économique, serait bien plus menacé que les ENR en raison de la criticité effective celle là de l'uranium, surtout si l'ensemble des pays du monde devaient y recourir à la même hauteur que la France, car il y a 7 fois et demi plus de lithium dans la lithosphère que d'uranium, tous isotopes confondus. De plus le lithium bien plus léger affleure la surface de la croute terrestre alors que l'uranium est plutôt rare en surface. Enfin, le stockage qui hante les partisans du nucléaire est loin d'être à la hauteur de ce que vous imaginez, et certainement du même ordre de ce que l'on stocke toutes les nuits dans nos millions de ballon d'eau sanitaires pour éviter que la production nocturne des centrales nucléaires ne soient perdue, alors que rien n'impose de les chauffer la nuit. Les réacteurs nucléaires sont loin d'être la panacée en matière de suivi. D'ailleurs ils ne sont requis (pour ceux qui peuvent l'être, soit moins de la moitié des 58 réacteurs) qu'en dernier recours en raison de la complexité de la manœuvre. Les centrales charbon et gaz étant mobilisés en premier, l'hydro en second et le nucléaire en dernier. Mais le suivi est un autre débat. Quant au suivi de charge c'est une légende, il n'existe que le demi-suivi. Vous ne ferez pas produire 1200 MW à un réacteur construit pour en produire 900 comme plus de la moitié des 58 réacteur français. Le réseau est un consommateur a qui il faut fournir sa demande, vous êtes donc contraint quel que soit votre mode de production de fournir au moins ce qu'il demande, ce qui conduit à fournir plus en permanence et à déconnecter d'une façon ou d'une autre la fourniture excédentaire. Il est bien plus souple de déconnecter de petites unités (ce qui se fait aujourd'hui avec les centrâmes gaz/charbon) par exemple des éoliennes ou des fermes solaires de 3 à 12 MW que des réacteurs à 900 MW minimum, ce qui est une des raison de leur faible usage pour le demi-suivi, mais là encore c'est un autre débat.
Le vérités incontournables dont vous faites état ne sont pas du tout favorables au nucléaire ce qui a été bien compris dans les autres pays.
Serge Rochain

Julien Glaizal

Je suis désolé mais votre premier paragraphe est un bougli boulga.
1/ Les énergies intermittentes sont subventionnées par la CSPE, prélevée directement sur les factures des consommateurs finaux. Cela représente 31,2 milliards d'€ de prélèvements uniquement pour l'éolien et le photovoltaïque de 2007 à 2019 (CRE). Ce montant déjà substantiel est par ailleurs appelé à croitre de manière sensible tout au long de la prochaine décennies. Ce prélèvement est bien évidemment EN SUS du prix du KWh payé par lesdits consommateurs. Votre analogie avec vos habitudes de consommation est donc complètement à la ramasse.
2/ Les énergies renouvelables de type éolien ou solaire sont des énergies fatales, dont la production est par nature intermittente. Cette intermittence doit être contrebalancer, pour assurer une production sans rupture de charge et satisfaire la consommation en temps réel, soit par des moyens pilotables en sauvegarde (hydrocarbures essentiellement), soit par du stockage principalement sur retenue d’eau (STEP). Outre que la décentralisation des moyens de production consubstantielle de leur déploiement, nécessite un renforcement du réseau conséquent et donc coûteux lui aussi, cette intermittence est très coûteuse à compenser car elle nécessite de doubler les infrastructures pour y pallier à intervalle régulier ou non, saisonnier ou non : nuits et hiver pour le photovoltaïque, journées sans vent et été pour l’éolien, où leur production est soit nulle soit faible voire très faible. Le prix de « marché » auquel vous vos référez est ainsi faussé par les subventions, qui se trouvent être la traduction concrète des coûts cachés ci-avant mentionnés inhérents structurellement aux énergies intermittentes.
3/ C’est donc le consommateur final, le particulier en l’occurrence, qui est chargé de compenser en France (mais aussi dans d’autres pays européens ayant pris les mêmes orientations) par une hausse continue de sa facture d’électricité, la baisse fallacieuse des prix de « marché » des énergies intermittentes, faussement compétitives, dont peuvent profiter certains acteurs opportunistes.
4/ Il n' a jamais été dit "que c'est parce que l'Allemagne a fait 40% de sa production électrique avec les ENR notamment de l'éolien qu'ils émettent plus de CO2 que la France", il a été rappelé que le système de production électrique allemand émettait 12X plus de CO2 par KWh produit que celui français. Vous contestez ?
5/ Comment voulez-vous, en bonne logique, que ce fut le remplacement du nucléaire par des intermittents en Allemagne qui ait contribué à la baisse (très modérée) des émissions de CO2 dans ce pays, alors même que le nucléaire rejette autour de 10Gr EquCO2/KWh, l'éolien à peu près la même chose, et le photovoltaïque 5X plus...?
6/ La solution temporaire (1000 ans a minima, ce qui nous laisse de quoi voir venir) à la raréfaction du minerai d'uranium, est le développement des générations de réacteurs susmentionnés au début de mon intervention. Que vous le vouliez ou non, nous n'y échapperons pas à terme.

Rochain

Pour le 1/ de votre réponse vous n’avez pas qu’un problème de vocabulaire. Qu’est-ce qu’une subvention ?
Réponse de l’argent contre ….rien ! Or, il ne s’agit pas de cela du tout, c’est simplement une fake new dans le sens exacte du terme : Fausse information intentionnelle destinée à tromper celui à que l’on prétend informer.
L’état ne distribue pas généreusement à des entreprises ou des particuliers dont on ne dit jamais qui ils sont (on parle de façon obscure des ENR) l’argent puisé dans la poche des français et représenté par une certaine partie, variable selon les affectations prioritaires, d’un prélèvement appelé CSPE. Cette CSPE sert en priorité à indemniser l’EDF en compensant la perte du aux tarifs préférentiels appliqués aux ménages en grande précarité, et ensuite quelques autres. Mais ce qui nous intéresse c’est ce qui serait selon vous une subvention aux ENR. En fait, cette argent permet à l’état, via l’ADEME et EDF Energie Nouvelles, d’investir dans les nouvelles sources d’énergie, notamment l’éolien, le solaire, les ouvrages hydroélectrique de petite puissance, et les installations de méthanisation. C’est-à-dire ce qu’a déjà fait l’état mais de façon beaucoup plus massive lors de la création de l’EDF en 1946 avec la loi de nationalisation, en rachetant près de 1500 petits producteurs locaux….. avec l’argent des français, via des emprunts qu’une partie de nos impôts a dû rembourser. C’est ainsi que l’état est aujourd’hui propriétaire à hauteur de 86% d’EDF.
Mais aujourd’hui l’état, en qualité d’actionnaire majoritaire d’EDF doit faire face à la rénovation de son parc nucléaire qui s’annonce couteux. Faire créer directement les sources d’énergies nouvelles par son opérateur EDF reviendrait à payer deux fois, c’est-à-dire la rénovation du nucléaire et les ENR. L’état a donc choisi avec la plus grande bénédiction de l’Europe bien entendu, de confier les nouveaux équipements au secteur privé. Mais ne souhaitant pas être exclu de ce qui risque fort à terme de devenir la source principal d’énergie électrique du pays, l’état à travers ses deux branches spécialisées (EDF et ADEME) investi à petite dose (qui va tout de même aller grandissant, autant vous y attendre) dans les nouveaux ENR en y prenant des participations plus ou moins importantes. Je suis moi-même petit investisseur dans cette activité avec des parts assez modestes comparé aux participations d’organismes étatiques, banques, régions, communes… dans 5 affaires différentes (Photovoltaïque, petit hydro, et deux de méthanisation). Dans trois de ces quatre dossier l’état est partie prenante à travers ADEME et/ou EDF-EN selon le dossier. Notamment dans le parc PPV recouvrant le site de l’ancienne mine de Carmaux dans le Tarn où l’ADEME s’est rendu acquéreur du tiers des parts, et ou les investisseurs privés, comme moi, ne représentent qu’à peine 10 %, la grande partie étant annexée par la région et surtout les banques. D’où croyez-vous que l’ADEME sort l’argent de sa prise de participation ? Dans ce que vous appelez une subvention ! C’est de l’argent contre de la propriété, comme l’état s’est rendu propriétaire de l’EDF à 86%. En fait rien de nouveau sous le Soleil, vous comme moi et les millions de français sommes propriétaires de 86% de l’EDF et nous (tous les français) serons par le même mécanisme (mais sans avoir transité par le système bancaire) propriétaires d’un certain pourcentage d’une multitude de petits organismes qui fourniront les énergies électriques de remplacement de l’énergie nucléaire en recul. Vous croyez savoir beaucoup de chose mais sans cherché à savoir comment est réellement utilisé la part ENR de la CSPE…. C’est tellement plus facile de croire que l’Etat « donne » de l’argent à des entreprises privées qui investissent dans les ENR.
Quant à votre 2/ vous avez toujours la même superbe sur le plan technique en ne faisant que répéter bêtement ce qui circule sur les sites d’opinions inféodés au nucléaire. Là encore vous avez un problème de vocabulaire, les énergies ne sont pas intermittentes ce qui suppose « ça produit » ou « ça ne produit pas », alors qu’il s’agit d’énergies variables. Certaines sont de productions quasi constantes, et d’autres cycliques selon des phases le plus souvent parfaitement connues ce qui permet d’estimer leur capacité compensatoires sur leurs principaux cycles. Paz exemple, superposez les courbes du solaire et de l’éolien que vous trouverez ici :
https://www.connaissancedesenergies.org/electricite-etat-des-lieux-sur-…

Certaines comme le solaire à concentration assurent leur propre stockage sur un cycle de 24 heures. D’autre n’ont besoin de stockage que sur une dizaine de minutes comme les utilisations marémotrices lors de l’inversion du marnage. D’autres encore sont continuent comme les houlienes. Il en ressort que le besoin de stockage est assez faible et probablement moindre que ce qu’imposent aujourd’hui les réacteurs nucléaires qui fournissent une énergie régulière alors que le besoin est variable et surtout cyclique. Pour éviter les pertes de productions nocturnes ont fait tourner des millions de dispositifs de nuit alors que l’on en a besoin que le jour, comme l’eau chaude sanitaire. Soyez expérimentateur, et consultez votre Linky soir et matin en déconnectant le chauffage de votre ballon d’eau sanitaire et comparez la consommation nocturne avec et sans. Vous découvrirez beaucoup de choses, notamment que la consommation de votre soirée TV, de votre frigo et de votre congélateur et négligeable comparé au chauffage de votre ballon d’eau sanitaire que vous pourriez tout aussi bien chauffer au solaire dans la journée. Evidemment, faire ces expériences et cherchez de l’information sur des sites donnant des chiffres officiels, c’est plus contraignant et fatiguant que de faire le maitre d’école perroquet en débitant ce qui circule sur la toile sans jamais rien vérifier soi-même. Quant au coût du très faible stockage qui sera donc nécessaire pour lisser la variabilité de production et que vous n’imaginez possible qu’avec les moyens désuets que vous mentionnez et qui démontre votre vision d’avenir dans le rétroviseur il est bien plus modeste que ce que vous croyez, mais là encore, bien que les moyens d’estimer ce que cette possible nécessité peut couter soient à portée de main de n’importe qui vous préférez une fois encore prétendre que c’est exorbitant. Le coût du KWh de batterie Li-ion est aujourd’hui de 100 €, et elle peut servir durant 5000 cycles de charge/décharge en utilisation stationnaire, ce qui accroit le coût du KWh disponible 24/24/7/7 des sources variables de 100 €/5000 = 0,02€ pour la faible quantité qu’il faudra être capable de fournir dans les alternances insuffisamment productives. Loin des coûts rédhibitoires claironnés par les perroquets du lobby nucléaire dont il ne restera plus bientôt que quelques irréductibles.
Pour tout le reste c’est aussi du bla-bla de même nature comme toujours sans aucune preuve ou même présomption favorable, et votre conclusion « que je le veuille ou non » comme vous dites n’est qu’une expression de vos convictions qui vont à contre sens de ce que l’on observe.
En effet, le nucléaire est en déclin et les investissements à son profit sont plus de 10 fois inférieures à ceux concrétisés dans les ENR. La Chine, championne du monde aujourd’hui dans le développement toutes formes d’énergies confondues et souvent montrée en exemple par les partisan du nucléaire criant victoire avec le démarrage de deux EPR à la suite d’une décision prise il y a plus de 10 ans est en retrait très net dans ce domaine et investit 14 fois plus dans les ENR que dans le nucléaire. Vous lirez avec intérêt le relevé des investissements mondiaux dans les différentes filières :
https://www.boursier.com/actualites/economie/nucleaire-trop-lent-lourd-…
et
https://www.lemonde.fr/energies/article/2017/06/07/les-energies-renouve…
Serge Rochain

PS : l'expression populaire est boulgui boulga révisez les calssiques de votre enfance

Julien Glaizal

Vous coupez les cheveux en quatre : les subventions aux intermittents viennent au soutien du développement de ces énergies. Elles sont payées par le consommateur final, en plus comme je l’ai dit du prix du KWh d’origine qui lui est distinct (prenez donc votre facture pour vérifier). Cette taxation - car c’est bien une taxe - qui vise les consommateurs et qui vient ainsi se surajouter au montant de leur consommation électrique existante, n’existerait pas sans la politique de développement desdites énergies. Donc peu importe dans quelle poche de quel producteur d’électricité cet argent se retrouve, la taxe qui en est à l’origine est consubstantielle de cette politique spécifique aux énergies intermittentes.
Concernant le stockage, vous parler du lithium. Les réserves prouvées en lithium, principal composant des batteries dernières générations, se chiffrent à 14 millions de tonnes au niveau mondial. Nous produisons 40.000 tonnes par an, cela représente donc a priori 350 années de production au rythme actuel.
https://www.usgs.gov/centers/nmic/lithium-statistics-and-information
Sauf que sur ces 40.000 tonnes une part de plus en plus croissante est captée par la production de batteries pour automobile électrique, sachant qu’une voiture tout électrique, avec une batterie mettons de 80KWh, consomme approximativement 25kg de lithium.
Environ 500.000 véhicules électriques ont été produits en 2016 dans le monde. Admettons que l’objectif écologique soit de convertir disons 30% du parc mondial d’automobiles (moins d’une auto sur trois), dont une bonne part en Europe, soit environ 600 millions de véhicules d’ici 2040 (nous compterons alors 2 milliards de véhicules au total selon les prévisions), si nous extrapolons cela équivaudrait à produire et consommer 600 millions x 0,025 t = 15 millions de tonnes de lithium, soit plus que ses réserves prouvées ! Cela juste pour un tiers du parc automobile, sans compter toutes les autres applications fortement demandeuses de ce minerai.
Sauf rupture technologique (toujours probable), je vous laisse juge de ce rapide calcul d’ordre de grandeur quant à la viabilité et sinon la généralisation du projet. Et cela, nonobstant toutes les critiques justifiées qui ont été faites par de nombreux organismes de recherche internationaux concernant la raréfaction des matériaux précisément nécessaires à l'essor des solutions que vous et certains autres présentez comme la solution rêvée.
Je passe sur vos solutions marémotrice, houlienne ou même géothermique, qui ne représentent en gisement potentiel pour la France que quelques GW (5GW exactement au maximum concernant la géothermie haute température selon les analystes du BRGM) c’est à dire un poullième de ce qui nous serait nécessaire pour compenser sérieusement la sortie du nucléaire.
Je passe également sur vos élucubrations concernant les faibles besoins de stockage, quand les Français consomment quotidiennement 1.3TWh sans rupture de charge envisageable, que le photovoltaïque ne produit rien la nuit (et parfois très faiblement la journée, particulièrement en hiver), et que la puissance garantie éolienne tombe parfois à une fraction dérisoire de sa puissance installée (moins de 5%), à intervalle non régulier et (contrairement à ce que vous affirmez péremptoirement) non prévisible, et ce sans quasiment pas de foisonnement sur l’ensemble de l’Europe de l’Ouest.

Julien Glaizal

Ah et puis, concernant le solaire thermodynamique ou à concentration, si là encore vos affirmations étaient exactes selon lesquelles ces centrales assureraient leur propre stockage en temps réel, on devrait retrouver dans les centrales concernées des facteurs de charge très élevés, de l’ordre de 90% (équivalent au facteur de charge du parc nucléaire aux Etats-Unis) ? Je vous laisse m’en chercher un exemple je vous prie.

François Cordelle

Pour juger l'histoire de l'aventure du projet de l'EPR, il convient d'en rappeler les épisodes dans le contexte de l'époque.
L'EPR devait rassembler l'expérience acquise au cours de la réalisation des 58 unités du parc nucléaire, prendre en compte les demandes successives de l'autorité de sûreté, notamment à la suite des accidents de Tchernobyl et Fukushima, la nouvelle conception du contrôle-commande pour les 4 dernières unités (centrales de Chooz et Civaux), engagées tardivement. Enfin, la sûreté de l'EPR y avait beaucoup gagné.
A l'époque, à tort à mon avis, il n'était pas question de poursuivre immédiatement d'autres engagements, et on n'aurait jamais du autoriser l'initiative d'AREVA de réaliser un EPR pour la Finlande: AREVA était un fournisseur de matériel et non un maître d'oeuvre, ce qui est très différent, et d'ailleurs personne n'a compris qu'EDF vende une centrale de cette importance à l'étranger avant d'en avoir au moins entrepris une en France. D'autre part, tant à EDF que chez les constructeurs, la baisse d'activité due à l'arrêt brutal des commandes a eu pour conséquence la perte de moyens qualifiés(hommes et outillages).
Enfin, il ne faut tout de même pas oublier de dire que les deux unités EPR fournies à la Chine bien après le chantier de Flamanville 3, ont été construites dans un délai tout à fait raisonnable, et que leur mise en service a été sans aucun incident en un temps record. On peut donc être optimiste sur les qualités de l'EPR.

Hervé Dugourd

n'empêche que, maintenant, l'EPR ne sera jamais rentable, et n'apportera rien en terme d'expérience à EDF (à part via ses défauts) pour les éventuels (mais peu probables) réacteurs suivants puisqu'ils seront de conception différentes.

EDF peut encore éviter un boulet de 60 ans à venir en ne chargeant pas le réacteur.

L'essentiel des infrastructures actuelles (salle machine, accès réseau, compétences, ...) (hors cuve et alternateur) pourraient être réutilisées pour abriter dans la salle machine des batteries de stockage d'électricité, ce qui en ferait un complément incomparable pour les installations de production d'énergie intermittentes d'EDF ...
EDF a l'occasion, tant que le réacteur n'est pas chargé, de préparer l'avenir au lieu de s'enfoncer dans le passé ..

mais d'aucuns disent que le contrat EPR anglais est soumis au démarrage de l'EPR français .. on aurait dans ce cas deux boulets liés ensemble qui vont irrémédiablement entraîner EDF vers le fond ...

Il faudrait donc un président courageux et clairvoyant pour prendre les décisions certes dures mais vitales qui feraient sortir EDF de ce bourbier létal et engagerait le groupe vers l'avenir ...

Rochain

Pour la Chine, je comprend que l'on dise qu'ils ont été construits dans un délai raisonnable avec tout de même 4 ans de retard sur les dates annoncées quand on compare cela aux 10 ans de retard et plus, pour ceux d'Europe (4).

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