Des sociétés pétrolières visées par Buenos Aires

La présidence argentine a annoncé le 7 septembre des plaintes contre plusieurs entités associées, selon elle, à des activités pétrolières autour des îles Malouines, archipel de l’Atlantique sud administré par Londres et revendiqué par Buenos Aires. Les sociétés citées sont Navitas Petroleum Development & Production Ltd, Navitas Petroleum Atlantic United, Navitas Petroleum LP, JHI Associates Inc et Eco Atlantic Oil & Gas Ltd.

L’exécutif argentin affirme que ces entreprises « disposeraient présumément de licences accordées » par le Royaume-Uni pour « explorer ou exploiter des hydrocarbures dans le bassin Malouines Nord ». Buenos Aires invoque une loi argentine de 2011 qui prévoit des interdictions d’activité pouvant atteindre 20 ans, ainsi que des peines de prison.

Les plaintes visent aussi les actionnaires des sociétés concernées et les personnes ayant pu participer au « fait punissable », notamment directeurs, gérants, administrateurs, mandataires et représentants. La présidence présente cette initiative comme « une action concrète pour protéger les ressources naturelles et veiller à la souveraineté » revendiquée par l’Argentine sur l’archipel.

Un champ à 220 km des Malouines

Le contentieux porte sur une zone autour du champ Sea Lion, situé à environ 220 km au nord de l’archipel des Malouines. Le gouvernement des îles Falkland (autre nom des Malouines) a indiqué le 10 décembre 2025 que Navitas Petroleum Development and Production Ltd et Rockhopper Exploration avaient pris leur décision finale d’investissement pour le développement de la zone nord de Sea Lion. Navitas a présenté la première phase avec un pic de production attendu de 50 000 barils par jour et une mise en production prévue au premier semestre 2028.

Rockhopper Exploration a chiffré en décembre 2025 les besoins de financement post-décision finale d’investissement à 1,8 milliard de dollars jusqu’au premier pétrole et à 2,1 milliards de dollars jusqu’à l’achèvement du projet, contingences et coûts financiers compris. Eco Atlantic a indiqué en mars 2026 que JHI détenait un intérêt de 35 % dans la licence PL001, couvrant 1 126 km2 dans le bassin nord des Malouines, à proximité de Sea Lion.

Un durcissement annoncé par Javier Milei

L’annonce intervient quelques jours après un discours offensif du président argentin Javier Milei sur les Malouines, sujet sensible dans la vie politique du pays. Le chef de l’État a évoqué des « vents favorables » à la revendication argentine et annoncé un durcissement des sanctions contre les projets pétroliers autour de l’archipel.

Dans la foulée de ce discours, le gouvernement argentin avait fait état d’enquêtes visant 45 personnes physiques ou morales soupçonnées de liens avec de tels projets. Cette séquence a suivi une déclaration du président américain Donald Trump, interrogé sur la neutralité des États-Unis dans le différend anglo-argentin : « Je passe toujours toutes les positions en revue. C’en est une parmi d’autres ».

Le Royaume-Uni a réaffirmé sa position après les déclarations de Javier Milei. Londres a soutenu que les Malouines « sont britanniques et le resteront, car telle est la volonté écrasante de leurs habitants » et que son engagement envers l’archipel demeure « absolu et inébranlable ». Le chef de la diplomatie britannique Ed Miliband a défendu le droit des habitants à déterminer leur avenir. L’archipel compte environ 3 500 habitants et se situe à près de 480 km au large de la côte sud-est de l’Argentine.