Une hausse concentrée sur le diesel

À 11H00 lundi 13 juillet, le gazole s'achetait en moyenne 1,984 euro le litre en France métropolitaine hors Corse, sur la base de 9 567 stations-service. Le prix ressort en hausse de plus de 4 % par rapport au lundi précédent, d'après des calculs effectués à partir des données publiques du site gouvernemental des prix des carburants.

Le SP95-E10, essence la plus distribuée, atteignait 1,937 euro le litre en moyenne dans 7 320 stations, soit une progression hebdomadaire de 1,75 %. Le SP98 se vendait 2,019 euros le litre dans 7 625 stations, avec une hausse limitée à 1 %.

Fin juin, le gazole et le SP95-E10 restaient sous le seuil de 1,90 euro le litre, tandis que le SP98 se situait encore sous 2,00 euros. Les niveaux relevés lundi dépassent ceux du 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines contre l'Iran, de 10,6 % pour le SP98 à 15,4 % pour le gazole.

La Russie restreint ses ventes extérieures

La Russie, grand producteur de pétrole, a annoncé le 8 juillet l'interdiction de ses exportations de gazole afin de répondre à des pénuries de carburants sur son marché intérieur. Ces difficultés d'approvisionnement sont attribuées aux frappes ukrainiennes visant ses raffineries.

D'après Global Trade Alert, la mesure publiée par le gouvernement russe le 8 juillet 2026 étend aux producteurs pétroliers l'interdiction temporaire d'exporter du gazole, du carburant marin et d'autres gasoils, avec une date d'expiration fixée au 31 juillet 2026. Janiv Shah, vice-président de Rystad Energy chargé des marchés mondiaux d'hydrocarbures, estime toutefois qu'il existe « un risque » de prolongation au-delà de juillet en raison des « menaces persistantes » de frappes de drones.

La décision russe « a propulsé les marges de raffinage du diesel à leur plus haut niveau depuis 2022 et devrait provoquer des tensions à l'échelle mondiale », selon Janiv Shah. Les acheteurs dépendants du diesel russe se « précipitent pour trouver des alternatives d'approvisionnement », indiquait-il dans une note datée du 9 juillet.

Des marchés de produits raffinés déjà contraints

L'Agence internationale de l'énergie relevait vendredi que les marchés du gazole dans le bassin Atlantique s'étaient tendus rapidement ces dernières semaines. L'AIE relie ce mouvement à la perte d'approvisionnements venant du Moyen-Orient, aggravée par la chute des exportations russes de gazole.

Dans son rapport mensuel publié le 10 juillet, l'AIE indique que les marges de raffinage et les écarts de prix sur les produits raffinés ont atteint début juillet leurs plus hauts niveaux depuis quatre ans. L'agence précise que les débits mondiaux de raffinage ont progressé de 1,5 million de barils par jour en juin, mais restaient inférieurs de 6 millions de barils par jour à leur niveau d'un an plus tôt.

L'AIE a recensé « au moins 100 frappes » contre des raffineries russes depuis août 2025, dont « au moins 10 » pour le seul mois de juin. Les attaques contre des infrastructures d'exportation, notamment portuaires, accroissent selon elle « le risque de perturbations » de « l'approvisionnement en produits et des flux d'exportation ».

Le Golfe ajoute une prime de risque

Le rebond des marges sur le diesel intervient après plusieurs semaines de détente liées au cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, selon Rystad Energy. Janiv Shah ajoute que le marché reste influencé par la récente reprise des frappes militaires entre Washington et Téhéran.

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a de nouveau fortement ralenti après des attaques contre plusieurs navires et un nouvel échange de frappes entre l'Iran et les États-Unis. L'AIE estime que les exportations pétrolières du Golfe ont atteint 16,1 millions de barils par jour en juin, contre environ 24 millions de barils par jour avant la guerre.

Les cours du pétrole montaient fortement lundi, soutenus par le retour du blocus naval américain sur les ports iraniens et par la volonté de Washington d'instaurer un droit de péage pour les navires transitant par Ormuz. Depuis 2006, les stations-service françaises doivent transmettre leurs prix au site gouvernemental dédié, qui publie ces données en libre accès.