De la Serbie à l'Azerbaïdjan ou encore la Géorgie, les pays d'Europe de l'Est et d'Asie centrale ont réalisé des progrès inédits dans les énergies renouvelables, mais pas assez encore pour limiter leur dépendance aux combustibles fossiles importés de Russie, selon un rapport publié mercredi.

Les 17 pays étudiés, plus le Kosovo, accueillent aujourd'hui un total de 106 gigawatts (GW) de capacités renouvelables, dont 21 GW installés sur la seule période 2017-2021 : solaire et éolien en tête, mais aussi hydroélectricité, géothermie, bioénergies, etc., indiquent la Commission économique de l'ONU pour l'Europe (UNECE) et le réseau d'experts REN21. C'est 3,4% du total mondial en 2021 (pour quelque 310 millions d'habitants, environ 4% de la population globale).

Progrès "significatif", au moins 15 de ces pays ont adopté des objectifs nationaux, et quatre visent même la neutralité carbone, notent les auteurs du rapport.

De 2017 à 2021, c'est l'Ukraine qui a installé le plus de capacités solaires et éoliennes (8,3 GW). Elle se trouvait en 2019 au 17e rang mondial pour les investissements en matière de renouvelables (3,4 milliards de dollars). Le pays est suivi par le Kazakhstan (3,7 GW installés) et la Russie (3,5 GW, 20e rang mondial pour les investissements dans les renouvelables en 2019, avec 2,3 milliards de dollars).

Pour autant, ce vaste ensemble reste très dépendant des combustibles fossiles, et aussi d'un nombre limité de fournisseurs, Russie au premier chef.

En outre, du fait de l'invasion russe de l'Ukraine, 90% des éoliennes et 30% des panneaux photovoltaïques ukrainiens étaient à l'arrêt en juin, réduisant ainsi fortement la capacité renouvelable de toute la région.

Pour les auteurs du rapport, ces régions sont à "un moment critique", l'essor des renouvelables pouvant nourrir flexibilité, indépendance, ou encore dynamiser collectivités et communautés.

"La croissance des renouvelables jusqu'en 2021 a été tirée par des politiques favorables et la chute des coûts des technologies, mais maintenant c'est une question de sécurité énergétique", souligne Rana Adib, directrice de REN21, pour qui "s'éloigner des ressources fossiles n'a jamais été aussi vital pour la région".

Selon elle, "l'invasion de l'Ukraine et ses effets indirects sur les pays voisins affectent la production renouvelable à court terme. En même temps, cela montre les bénéfices d'une transition énergétique rapide, ce qui pourrait générer un bond des installations renouvelables".

"Amplifier les investissements dans les renouvelables est crucial pour renforcer la sécurité énergétique et la capacité d'accès à l'énergie, à la lumière des chocs liés au conflit en Ukraine", abonde la secrétaire exécutive de l'UNECE, Olga Algayerova, citée dans un même communiqué.

L'efficacité énergétique peut aussi être améliorée, estiment les auteurs du rapport, qui appellent à plus d'investissements, à l'installation de chaînes d'approvisionnement nationales et à la coopération régionale.

Thématique

Électricité et hydrogène