Un cap industriel concentré dans le Nord
Le seuil annoncé par Renault Group couvre quinze ans de production française de voitures électriques, depuis les premiers modèles de série lancés au début des années 2010. Le groupe indique que son pôle industriel du Nord, présenté par l'entreprise comme le « premier pôle européen de production de véhicules électriques », a fabriqué plus de la moitié du total, avec 600 000 unités sorties des sites de Douai et Maubeuge.
La trajectoire industrielle a commencé avec la Zoe, positionnée sur le segment des citadines, et le Kangoo ZE, destiné aux usages utilitaires. Renault Group estime désormais que « En 15 ans, le véhicule électrique est passé du statut de pari technologique à celui de réalité industrielle et de succès commercial ».
La Renault 5 soutient la gamme électrique
La gamme électrique de Renault s'est élargie depuis les premiers modèles, avec des véhicules particuliers et utilitaires ainsi que des modèles associés aux marques du groupe, dont Dacia et Alpine. En juin, la Renault 5 électrique a totalisé 2 947 ventes sur le marché français, selon les dernières données d'AAA Data et de la Plateforme automobile, la fédération française des constructeurs et équipementiers.
Ce volume place la Renault 5 électrique au deuxième rang des voitures électriques vendues en France en juin, derrière la Tesla Model Y, créditée de 3 874 immatriculations sur le même mois. Le positionnement prix reste un sujet central pour la diffusion du parc électrique neuf : selon AAA Data, le prix moyen d'une voiture neuve en France atteint 42 541 euros pour une électrique, 36 757 euros pour une hybride, 25 202 euros pour une essence et 45 463 euros pour un diesel.
Le directeur général de Renault Group François Provost a fixé vendredi sur RTL un objectif de convergence tarifaire avec l'hybride. « Mon objectif, c'est qu'une voiture électrique, d'ici 2030, soit au prix d'une voiture hybride aujourd'hui, toutes nos équipes sont concentrées sur ça », a-t-il déclaré.
Le groupe défend une pause réglementaire
François Provost a également plaidé pour « un gel réglementaire », en opposition à l'ajout de nouvelles normes. Cette demande intervient après l'annonce faite en mars par Renault Group de ne vendre en Europe que des véhicules électriques ou hybrides d'ici 2030, soit cinq ans avant l'échéance prévue pour l'arrêt des ventes de véhicules thermiques neufs dans l'Union européenne, assouplie en décembre 2025.
Le groupe chiffre à 13 milliards d'euros les investissements engagés depuis 2021 pour structurer en France ses chaînes de valeur liées à l'électrique. Dans le communiqué de Renault Group, François Provost ajoute : « Si les conditions sont réunies, nous investirons 13 milliards d'euros supplémentaires dans le cadre de notre plan moyen terme ».
Selon Renault Group, les ventes de véhicules électriques ont progressé de 20,9 % au premier trimestre 2026 et représentaient 17,0 % des ventes du groupe sur la période. Le constructeur attribue cette progression à la Renault 5 E-Tech electric, à la Renault 4 E-Tech electric, au Scenic E-Tech electric, à la Dacia Spring et à l'Alpine A290.