Une demande moins dégradée qu’en juin

L’Agence internationale de l’énergie anticipe désormais une baisse de la demande mondiale de pétrole de 1 million de barils par jour en 2026. Mi-juin, sa prévision portait encore sur une contraction de 1,1 million de barils par jour. L’organisation estime que la « reprise de la demande » est engagée après le creux observé en mai. Cette révision reste limitée et ne modifie pas le diagnostic principal du rapport : le marché pétrolier mondial demeure contraint par les perturbations liées à la guerre dans le Golfe.

Côté offre, l’AIE fait état d’un redressement après la reprise partielle des flux dans le détroit d’Ormuz, consécutive au cessez-le-feu signé le 17 juin. La production mondiale reste toutefois très inférieure à son niveau antérieur au conflit au Moyen-Orient. Le rapport chiffre l’offre mondiale de juin à 98,8 millions de barils par jour. Pour 2026, l’AIE retient une moyenne de 102,6 millions de barils par jour, mais seulement « sous réserve d’une désescalade rapide des nouvelles hostilités ».

Depuis la reprise partielle des transits, la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz a de nouveau nettement ralenti. L’AIE mentionne notamment la route omanaise soutenue par l’ONU, affectée par des attaques contre plusieurs navires et par un nouvel échange de frappes entre l’Iran et les États-Unis. La production mondiale demeure « environ 9,4 mb/j en dessous des niveaux d’avant-guerre ». Cette perte de volumes explique le maintien d’un écart important entre les capacités théoriques du marché et l’offre effectivement disponible.

Les stocks reculent encore à terre

Les inventaires mondiaux de pétrole ont progressé de 21 millions de barils en juin, première hausse depuis le déclenchement de la guerre dans le Golfe fin février. L’AIE attribue cette augmentation à la hausse des volumes de brut et de produits pétroliers en transit maritime. Cette hausse globale masque des retraits importants dans les stocks terrestres. Les pays de l’OCDE ont encore puisé 62 millions de barils en juin, même si l’AIE prévoit une modération du rythme de prélèvement en juillet et au-delà.

Hors OCDE, les stocks de brut ont diminué de 37 millions de barils en juin. L’agence relève en particulier un « important prélèvement de 41 millions de barils sur les stocks terrestres de brut en Chine, alors que les importations sont restées à des niveaux historiquement bas ». Créée en 1974 avec une mission fondatrice de sécurité énergétique, l’AIE suit ces niveaux de stocks comme un indicateur central de résilience du marché. Dans le rapport de juillet, la reconstitution apparente des inventaires provient donc principalement des cargaisons en mer, et non d’un relâchement généralisé des tensions physiques.

Les produits raffinés restent sous tension

L’augmentation des volumes de brut disponibles a pesé sur les cours du pétrole, selon l’AIE. L’agence indique que cette évolution a entraîné une forte baisse des prix du brut, tandis que les marchés des produits raffinés restaient resserrés.

Cette divergence entre brut et produits transformés se reflète dans les marges de raffinage. L’AIE indique que les marges de produits raffinés ont atteint en juillet leur plus haut niveau depuis quatre ans.