Un navire considéré comme « apatride »
La National Crime Agency indique que le ressortissant indien Ajay Pant, 38 ans, est poursuivi pour infraction aux sanctions en lien avec la livraison, directe ou indirecte, par voie maritime, de pétrole ou produits pétroliers d’origine russe à un pays tiers. La NCA précise que les charges ont été autorisées par le parquet après examen de son dossier. Selon l’agence, M. Pant doit comparaître ce mardi devant le tribunal de première instance de Southampton.
Les 24 membres d’équipage du Smyrtos, originaires de Géorgie et d’Inde, demeurent à bord. La ministre britannique des Transports, Heidi Alexander, a ordonné l’immobilisation administrative du navire. Bien que battant pavillon camerounais, le pétrolier est considéré comme « apatride » par le gouvernement britannique et reste ancré au large de Weymouth, dans le Dorset.
Une interception inédite au large de l’Angleterre
Dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 juin, des commandos des Royal Marines et des enquêteurs de la NCA ont pris le contrôle du Smyrtos au large de la côte sud de l’Angleterre, en descendant en rappel depuis un hélicoptère. Le ministère britannique de la Défense a diffusé des images de l’opération, qualifiée par Londres de première intervention de ce type conduite par le Royaume-Uni. L’action a été saluée par Kiev et par le gouvernement britannique comme un revers porté aux capacités de financement de l’effort de guerre russe.
Le Royaume-Uni a déjà sanctionné des centaines de navires soupçonnés d’appartenir à la « flotte fantôme » utilisée depuis 2022 pour contourner les embargos, ces bâtiments se voyant refuser l’accès aux ports et services britanniques. Selon le gouvernement britannique, au premier trimestre 2025, les navires sanctionnés par le Royaume-Uni ont transporté 1,6 milliard de dollars de pétrole russe de moins qu’un an plus tôt.
Trajectoire du navire
D’après les informations de suivi maritime, le Smyrtos a quitté Oust-Louga en Russie le 5 juin à destination de Port‑Saïd, en Égypte. Le gouvernement britannique avait annoncé en mars que ses forces armées étaient désormais habilitées à arraisonner et saisir les navires soupçonnés d’appartenir à cette flotte parallèle lorsqu’ils transitent en zone britannique.
Cette décision est intervenue après un assouplissement par Washington de certaines restrictions sur le pétrole russe, présenté comme visant à atténuer la hausse des prix liée à la guerre israélo‑américaine contre l’Iran, selon l’AFP. D’autres États européens, dont la France, la Belgique et la Finlande, ont récemment mené des arraisonnements de navires suspectés de contourner les sanctions.