Des prix réalisés et un négoce en forte hausse

Le groupe britannique a publié un chiffre d'affaires de 96,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, en hausse de 45% sur un an. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires atteint 10,8 milliards de dollars, contre 3,6 milliards de dollars au deuxième trimestre 2025, selon les comptes non audités de Shell.

Le directeur général de Shell, Wael Sawan, a attribué cette performance à l'exécution opérationnelle du groupe dans un marché déstabilisé. « Les performances opérationnelles de Shell ont permis d'obtenir des résultats très solides au cours d'un trimestre à nouveau marqué par de graves perturbations sur les marchés mondiaux de l'énergie », a-t-il déclaré dans le communiqué de l'entreprise.

Shell explique la progression de ses résultats par des prix réalisés plus élevés, mais aussi par une activité accrue dans le négoce du pétrole brut, des produits pétroliers et du gaz naturel liquéfié. L'Agence américaine d'information sur l'énergie (AIE) a estimé en juillet que les stocks mondiaux de pétrole brut avaient reculé de 5,1 millions de barils par jour en moyenne au deuxième trimestre 2026, dans un marché affecté par les perturbations au Moyen-Orient.

Le Qatar réduit la production de gaz intégré

La branche gaz intégré de Shell a produit 631 000 barils équivalent pétrole par jour au deuxième trimestre, contre 909 000 au premier trimestre. Le groupe avait déjà prévenu début juillet que ses volumes gaziers reculeraient nettement, en raison de l'impact du conflit au Moyen-Orient sur ses volumes qataris.

Le site de Ras Laffan, dans le nord du Qatar, plus grand pôle mondial de liquéfaction de gaz, a subi d'importants dommages après plusieurs attaques depuis le début de la guerre. Shell indique que l'effet positif des prix et du négoce a été en partie neutralisé par ces volumes plus faibles, ainsi que par des marges moins élevées dans les lubrifiants.

Pour le troisième trimestre 2026, Shell prévoit une production de gaz intégré comprise entre 570.000 et 630.000 barils équivalent pétrole par jour. Cette prévision exclut les volumes de Qatar et ceux liés à l'acquisition d'ARC Resources, dont la finalisation est attendue au troisième trimestre après l'approbation des actionnaires.

Un nouveau rachat d'actions de 3 milliards de dollars

Shell lance un nouveau programme de rachat d'actions de 3 milliards de dollars. Le groupe met aussi en avant un flux de trésorerie opérationnel de 21,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, soutenu par une entrée de fonds de roulement de 3,4 milliards de dollars.

Le groupe a distribué 44% de son flux de trésorerie opérationnel sur les douze derniers mois, selon ses résultats trimestriels. Shell indique qu'il s'agit du dix-neuvième trimestre consécutif avec l'annonce d'au moins 3 milliards de dollars de rachats d'actions.

Le mouvement s'inscrit dans une séquence favorable aux majors pétrolières exposées aux prix des hydrocarbures. TotalEnergies a annoncé la semaine précédente un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, deux fois supérieur à celui de la même période de 2025, également porté par les prix élevés liés au conflit au Moyen-Orient.

Shell maintient par ailleurs une enveloppe d'investissements organiques comprise entre 24 et 26 milliards de dollars pour 2026, et prévoit de publier ses résultats du troisième trimestre le 29 octobre 2026.