Deux autorisations dans le Skagerrak et en mer de Botnie

Le gouvernement suédois a accordé son feu vert à Fyrskeppet Offshore, projet situé dans le sud de la mer de Botnie, à l'est du pays, et à Vidar, prévu dans le nord du passage maritime du Skagerrak, au sud-ouest. Ces deux décisions portent sur des parcs éoliens en mer, une filière que la Suède examine désormais au regard de contraintes énergétiques, industrielles et militaires.

Fyrskeppet Offshore est porté par Skyborn Renewables, spécialiste de l'éolien. Le projet doit produire environ 5 TWh d'électricité renouvelable par an, selon les éléments communiqués par son développeur.

Vidar est développé par le groupe public suédois Vattenfall. L'énergéticien a accueilli favorablement l'obtention du permis, tout en soulignant que cette décision administrative ne suffisait pas à déclencher un investissement.

Les développeurs réclament un partage du risque

Le directeur général de Skyborn Renewables, Niclas Broman, a averti que « l'approbation du gouvernement ne signifie pas automatiquement qu'un projet peut être mis en oeuvre ». Le groupe conditionne la concrétisation de Fyrskeppet à un cadre public réduisant l'exposition financière des investisseurs.

Selon Niclas Broman, « pour que les projets éoliens en mer se traduisent par des investissements concrets », il faudra « un mécanisme de partage des risques », notamment « par le biais de contrats pour différence (CfD) bilatéraux et de garanties de crédit soutenues par l'Etat ». Ces instruments viseraient à limiter le risque de prix et à faciliter le financement bancaire des projets.

Vattenfall formule le même constat sur Vidar. Dans un message transmis à l'AFP, le groupe indique qu'« à l'heure actuelle, les conditions nécessaires aux investissements dans l'éolien offshore ne sont pas réunies en Suède ».

Le précédent Kriegers flak pèse sur le financement

La position de Vattenfall s'inscrit dans la continuité de sa décision de septembre 2024 concernant Kriegers flak, parc éolien prévu en mer Baltique. Le groupe avait alors suspendu la construction du projet, en invoquant une rentabilité insuffisante et un coût de raccordement au réseau jugé trop élevé.

Ce précédent illustre la sensibilité du modèle économique de l'éolien offshore aux conditions de marché, aux dépenses de raccordement et à la répartition des risques entre développeurs, Etat et gestionnaires d'infrastructures. Les contrats pour différence, cités par Skyborn, permettent en principe de stabiliser les revenus d'un producteur autour d'un prix de référence, avec compensation selon l'écart constaté avec le marché.

Onze autres dossiers écartés pour motif de défense

En parallèle des deux autorisations, Stockholm a rejeté onze demandes de parcs éoliens en mer. Le gouvernement a justifié ces refus par l'impact attendu des installations sur les capacités de défense suédoises.

Cette décision prolonge un arbitrage déjà rendu en novembre 2024. Le gouvernement suédois avait alors écarté treize autres projets en mer Baltique, estimant qu'ils pouvaient perturber les capteurs utilisés par la défense du pays.

Les deux projets retenus restent donc soumis à une double condition : disposer des autorisations complémentaires nécessaires à leur mise en chantier et obtenir un cadre de soutien public jugé suffisant par leurs développeurs.