Une interdiction instaurée en 2018

Après le Conseil des États, le Conseil national a adopté le projet de révision porté par le Conseil fédéral, étape qui permet désormais l’organisation d’un référendum. Le texte lève l’interdiction d’édifier de nouvelles centrales instaurée en 2018 à la suite d’un vote populaire tenu en 2017, tout en encadrant l’instruction des futurs projets.

Le Conseil national a retenu qu’une autorisation de construire ne pourrait être délivrée que si le financement est garanti, sans exclure la possibilité d’un soutien public éventuel. Des propositions des partis Verts et socialiste visant à conditionner l’octroi des autorisations ou à instaurer un moratoire jusqu’en 2036 ont été écartées.

Le ministre de l’Énergie Albert Rösti a défendu en séance le maintien de l’option nucléaire pour sécuriser l’approvisionnement électrique sur le long terme dans un contexte jugé incertain. Selon l’exposé gouvernemental, l’objectif est de « créer une assurance en matière d’approvisionnement en électricité » si les filières renouvelables ne suffisent pas ou en l’absence « d’autres solutions respectueuses du climat » de production.

4 réacteurs nucléaires en service

Le Conseil fédéral justifie ce changement par la croissance démographique et par le besoin accru d’électricité locale et décarbonée pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, ainsi que par les tensions nées de « l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine ». Le nucléaire couvre aujourd’hui près de 29 % de l’approvisionnement électrique de la Suisse.

Le pays exploite quatre réacteurs en service. Beznau 1, mis en service en 1969, doit s’arrêter en 2033, et Beznau 2, raccordé en 1971, en 2032. Les deux tranches restantes, Gösgen et Leibstadt, sont entrées en service respectivement en 1979 et 1984.