Total en Ouganda : des ONG françaises dénoncent un projet « climaticide »

  • AFP
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L'énorme projet du géant pétrolier français Total en Ouganda et Tanzanie, concrétisé par la signature de plusieurs accords dimanche, comporte d'"énormes risques environnementaux et climatiques", ont dénoncé lundi des ONG françaises, en confirmant la poursuite de leur action en justice contre ce projet.

L'Ouganda, la Tanzanie et les compagnies pétrolières française Total et chinoise CNOOC ont signé dimanche plusieurs accords ouvrant la voie à la construction d'un oléoduc qui transportera le futur brut ougandais vers un port tanzanien sur l'océan Indien, un projet que les associations Survie et les Amis de la Terre qualifient de "climaticide".

"Au lieu de répondre aux besoins urgents des communautés affectées et aux alertes répétées de la société civile, Total a concentré ses efforts ces dernières semaines sur une offensive de communication pour contrer publiquement l'opposition croissante que suscitent ses méga-projets pétroliers", écrivent les ONG dans un communiqué.

"Nos associations déplorent qu'une fois de plus la multinationale française semble plus préoccupée par son image que par les impacts destructeurs qu'ont ses opérations sur les droits humains, l'environnement et le climat dans ces deux pays", ajoutent-elles en accusant Total de faire du "greenwashing" ("verdissage" de son image) et de développer son projet "à marche forcée".

Le groupe français a annoncé en mars avoir pris des mesures pour tenter de réduire l'impact de ses activités sur les populations et l'environnement, et promis la "transparence" sur son projet.

Opéré par Total et CNOOC, il prévoit l'exploitation de gisements découverts en 2006 en Ouganda dans la région du lac Albert (Ouest), et l'acheminement du pétrole par un oléoduc (EACOP) pour un coût estimé à 3,5 milliards de dollars.

Selon un rapport publié en octobre par les Amis de la Terre et Survie, plusieurs "dizaines de milliers de personnes" sont affectées par l'ensemble du projet et ont commencé à perdre leurs moyens de subsistance.

Les associations, qui ont entamé une bataille judiciaire en 2019 contre ce projet, ont annoncé leur intention de se pourvoir en Cassation contre une décision de la justice française qui avait décidé en décembre de confier le litige à un tribunal de commerce.

Commentaires

JEAN-JACQUES ROYANT

Je ne vois pas ce qu'un pipeline peut perturber ce pays. Il apportera de la richesse, permettra de circuler pour les populations locales sur les pistes aménagées.
Demandez aux cultivateurs de Bornéo où TOTAL a posé du pipe, le bonheur de cultiver des zones auparavant inaccessibles. Et en région de la Marne, demandez aux cultivateurs du coin comment ils ont des pistes pour créer des nouveaux champs pour leur élevage.
Mais qui finance donc ces ONG dont on parle tant ?

Sébastien de Rivaz

Monsieur Royant,
En dépit de votre engagement personnel en faveur de projets liés aux énergies fossiles, et au-delà des nombreux éléments scientifiques étayant le fait que ce type de grands projets n'est très probablement pas compatible avec la lutte mondiale contre le changement climatique, je vous invite très sincèrement à lire le rapport mentionné, qui documente bien l'impact négatif du projet sur une partie de la population locale, et pose un certain nombre de questions éthiques sur les méthodologies adoptées par grand nombre de compagnies lors du développement de leurs projets.

BEE

Il serait plus opportun que vous alliez faire la morale à ONGC, SINOPEC, SINOCHEM, GAZPROM, CNOOC, LUKOIL, PERTAMINA, PTT et autres NNPC.
Quand vous les aurez convaincus de votre demande, alors ce sera redevable que vous tentiez de déstabiliser TOTAL.
Vous voulez vraiment que après Alstom, Lafarge, La sidérurgie Française, Airbus pour citer les compagnies Françaises tombées entre les mains de compagnies non Françaises, que TOTAL le soit également ? TOTAL reste une garantie de l'approvisionnement en énergie pour la France. Faut il le rappeler !

Albatros

"Climaticide", nouveau terme à la mode chez les "conscientisés".
Cela rappelle les "vipères lubriques" dénoncées par les stal des années 70.
La "lutte mondiale" est d'abord pour l'accès à l'énergie et pour le bien-être des populations qui n'ont pas cet accès. Qui sont ces gens qui décrètent ce qui est vertueux et ce qui ne l'est pas.
Le Mozambique doit imposer à Total des conditions drastiques comme la priorité donnée à servir sa population en priorité et à développer son réseau national d'énergie, n'en déplaise aux "vertueux" qui préconisent de laisser ce pays crever, lui interdisant tout développement parce qu'ils ont peur que le ciel leur tombe sur la tête (leur tête à eux, qui sonne le creux d'inconscients gavés).
Et je ne suis pas salarié ni actionnaire de Total, ni un suppôt des lobbies gnagnagna.
Courage aux Mozambicains.

BEE

Manifestement le rédacteur est hors sol.
Au lieu d'accuser à la légère TOTAL et d'essayer d'entraver ce projet, il faudrait que ces ONG opaques et peu éthiques se dirigent contre la présidence de l'Ouganda: Mr Museveni et son gouvernement, puis contre les autorités chinoises qui commandent CNOOC.
C'est complètement contreproductif d'aller faire la morale à TOTAL, ce projet aura lieu et ce serait beaucoup plus intelligent que ce soit avec TOTAL, seul gage d'équité et de transparence dans ce dossier.
Faut il rappeler la stupidité des ONG qui ont réussi à faire abandonner les champs du sud soudan aux compagnies Américaines, ce qui a permis aux chinoises et indiennes de prendre leur place avec beaucoup moins de transparence et d'éthique.

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