Trois incidents en deux soirées
Deux pétroliers appartenant à la compagnie publique émiratie Adnoc ont été ciblés jeudi soir alors qu’ils tentaient de franchir le détroit d’Ormuz. Un troisième navire affilié au groupe a été visé vendredi soir dans la même zone de transit maritime.
Les Émirats arabes unis ont attribué ces attaques à l’Iran. Adnoc et les autorités émiraties n’ont signalé ni victime ni dommage à la suite de ces trois incidents.
Le ministère émirati des Affaires étrangères a déclaré samedi dans un communiqué que « Les Emirats arabes condamnent fermement l'attaque iranienne hostile qui a ciblé (vendredi soir) un navire affilié à l'Adnoc ». Le texte reprend la même ligne que celle exprimée vendredi après les attaques contre les deux premiers navires.
Abou Dhabi dénonce une coercition maritime
Le ministère a accusé le Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien de recourir à des pratiques assimilées à de la piraterie. Il a affirmé que « Cibler la navigation marchande et utiliser le détroit d'Ormuz comme un moyen de coercition économique ou de chantage constituent des actes de piraterie de la part du Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien ».
Dans le même communiqué, Abou Dhabi estime que ces attaques représentent « une menace directe pour la stabilité de la région, de ses populations et de la sécurité énergétique mondiale ». Samedi, le conseiller du président émirati Anwar Gargash a écrit sur X que les Émirats défendraient leurs « droits à la liberté de navigation et à l'utilisation du détroit d'Ormuz, conformément au droit international ».
L’Iran maintient le verrouillage du détroit depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, tandis que les États-Unis soumettent les ports iraniens à un blocus. Avant le conflit, environ un cinquième du pétrole mondial transitait par ce passage reliant le Golfe, dont les Émirats sont riverains, à l’océan Indien.
L’Agence internationale de l’énergie évaluait à environ 20 millions de barils par jour les flux de brut et de produits pétroliers passés par Ormuz en 2025. L’agence estimait aussi qu’environ 25 % du commerce maritime mondial de pétrole transitait alors par ce couloir, dont les possibilités de contournement restent limitées pour les exportateurs du Golfe.
Le protocole de juin reste bloqué
La multiplication des attaques dans le détroit a contribué à faire échouer un cessez-le-feu conclu en avril. Les médiateurs appellent désormais Washington et Téhéran à revenir aux termes du protocole d’accord signé en juin.
Les autorités émiraties avaient déjà salué en juin l’accord entre les États-Unis et l’Iran en insistant sur la protection des routes maritimes et sur la continuité du trafic par Ormuz. Cette position plaçait la liberté de navigation au cœur des conditions jugées nécessaires à la stabilisation régionale.
La semaine dernière, un haut responsable iranien avait présenté une longue série de conditions préalables à la réouverture du détroit. Parmi elles figuraient la fin de la « guerre et de l'agression contre l'Iran et ses alliés au Liban, en Palestine, au Yémen et en Irak ». Ce responsable avait également demandé la levée du blocus naval américain, selon des déclarations rapportées par l’agence de presse iranienne Tasnim.