Une pression directe sur ExxonMobil et Chevron

Depuis la Maison Blanche, le président américain a visé ExxonMobil et Chevron, deux groupes qu’il présente comme des bénéficiaires majeurs des tensions pétrolières liées à la guerre au Moyen-Orient. « Cela ne me plaît pas. Ils sont en train de faire trop d'argent. En profitant des pénuries, ils se font trop d'argent », a-t-il déclaré devant la presse.

Donald Trump a assuré rester « un ardent défenseur de la libre entreprise », tout en estimant que les profits récents du secteur devaient se traduire par un allègement pour les consommateurs. « Lorsque vous voyez qu'une entreprise a multiplié par douze fois ce qu'elle générait l'année précédente, elle se doit d'en redonner une partie au public », a-t-il ajouté.

Le président américain a également demandé une baisse rapide des prix à la pompe. Selon lui, les majors pétrolières « ont tout intérêt à baisser les prix à la pompe », dans un contexte où le coût des carburants reste un sujet central pour les ménages américains.

Des résultats trimestriels dopés par les prix de l’énergie

ExxonMobil et Chevron ont publié vendredi leurs résultats du deuxième trimestre. ExxonMobil a annoncé un bénéfice net de 14,5 milliards de dollars, deux fois supérieur à celui de la même période un an plus tôt, tandis que Chevron a dégagé 12,1 milliards de dollars, soit cinq fois plus qu’un an auparavant.

Les deux groupes n’ont toutefois pas attribué explicitement cette progression de leurs revenus au conflit en cours. Darren Woods, PDG d’ExxonMobil, a mis en avant un manque de capacités de raffinage pour expliquer la hausse des prix des carburants, en avertissant que la facture pourrait rester élevée pendant une période prolongée.

Aux États-Unis, le prix moyen de l’essence toutes qualités confondues atteignait 4,228 dollars par gallon le 27 juillet, selon l’Energy Information Administration, contre 3,911 dollars le 6 juillet. Cette remontée intervient après une détente temporaire observée fin juin sur les marchés pétroliers.

Un enjeu économique avant les élections de mi-mandat

La hausse de l’énergie est devenue le principal moteur de l’inflation américaine depuis le début de l’année. Selon le Bureau of Labor Statistics, l’indice des prix de l’énergie restait en hausse de 15,7 % sur un an en juin 2026, avec une progression de 26,7 % pour l’essence sur la même période.

Le dossier est aussi politique, à trois mois des élections de mi-mandat prévues en novembre. Les démocrates cherchent à exploiter le mécontentement des électeurs sur le pouvoir d’achat, alors que Donald Trump avait promis, pendant sa campagne présidentielle de 2024, de réduire le coût de la vie.

Le 24 juin, après un cessez-le-feu au Moyen-Orient ayant entraîné un repli des cours, le président américain avait déjà critiqué les compagnies pétrolières sur les réseaux sociaux. « Les prix des carburants feraient bien de commencer à baisser beaucoup plus rapidement que ce que je vois », avait-il écrit.

Le détroit d’Ormuz reste au centre des perturbations

La guerre au Moyen-Orient a été déclenchée fin février par des frappes américaines et israéliennes en Iran. Elle perturbe le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitait habituellement environ 20 % du pétrole mondial.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, environ 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers ont transité par le détroit d’Ormuz en 2025. Cette dépendance logistique explique la sensibilité des prix du pétrole aux perturbations dans cette zone.

Le conflit affecte également la production régionale et a provoqué des dégâts sur certaines infrastructures énergétiques. Des installations situées au Qatar figurent parmi les équipements touchés.