Accusation de tir et annonce de représailles
Mardi, le président des États‑Unis a affirmé sur Truth Social que « les Iraniens ont abattu la nuit dernière l’un de nos hélicoptères très perfectionnés de type Apache pendant qu’il survolait le détroit d’Ormuz », précisant que les deux pilotes étaient indemnes. Il a ajouté que les États‑Unis « doivent, nécessairement, répliquer à cette attaque ».
À Téhéran, le président du Parlement et négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf a répliqué sur X : « Nous préférons le langage de la diplomatie, mais nous parlons bien plus couramment d’autres langues. Rompez vos engagements, et nous passerons à celle que nous maîtrisons le mieux ». Cette surenchère intervient alors que Washington affirmait quelques heures plus tôt être « dans les derniers efforts » vers un « très, très bon accord » susceptible d’être conclu « dans deux à trois jours ».
Négociations contrariées et fronts régionaux
Après cent jours de guerre et l’instauration le 8 avril d’un cessez‑le‑feu fragile, des frappes croisées ont repris dimanche et lundi entre l’Iran et Israël. Selon la télévision d’État iranienne, trois personnes, dont deux militaires, ont été tuées et quinze autres blessées. Un responsable militaire israélien a indiqué qu’« une trentaine de missiles » avaient été tirés par l’Iran en moins de 24 heures, en riposte à une frappe israélienne à Beyrouth‑sud.
Les forces iraniennes ont annoncé lundi « la cessation de l’opération » tout en avertissant que toute « poursuite de l’agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban » entraînerait « des actions bien plus sévères ». Téhéran exige que le dossier libanais soit inclus dans l’accord de fin de guerre ouvert depuis le 28 février avec Israël et les États‑Unis, ce que Washington refuse pour l’instant.
Escalade au Liban
Au Liban, frappes israéliennes et attaques du Hezbollah se sont poursuivies. À Tyr, pilonnée ces derniers jours, une « lourde frappe » a suivi un appel israélien à évacuer. Pour la première fois depuis le 2 mars, l’avis a visé l’ensemble de la ville, y compris le quartier chrétien, vidé « à 99 % » selon un membre du conseil municipal. Avant cet avertissement, au moins huit morts et trente‑deux blessés avaient été recensés par le ministère de la Santé.
Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions israéliennes dans le sud du pays, sans blessés d’après l’armée israélienne. Dans le nord d’Israël, un homme accusé d’avoir franchi la frontière depuis le Liban et tiré sur des soldats a été abattu. Le chef de l’armée libanaise, Rodolphe Haykal, a par ailleurs échangé mardi sur « la situation sécuritaire régionale » avec son homologue pakistanais Asim Munir, alors que le Pakistan joue un rôle de médiation.
Marchés pétroliers sous tension autour du détroit d’Ormuz
Avant la nouvelle montée de tension de mardi, les cours du brut, qui avaient flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d’Ormuz, se repliaient sur l’espoir d’un accord : vers 16 h 30 GMT, le Brent pour livraison en août cédait 4,27 % à 90,23 dollars. Ormuz demeure un passage critique pour l’équilibre du marché, tant pour le brut que pour les produits raffinés.
En 2025, près de 15 millions de barils par jour de brut, soit environ 34 % du commerce mondial de pétrole brut, ont transité par Ormuz, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Une interruption prolongée pourrait également rendre indisponible l’essentiel des capacités de réserve mondiales, majoritairement situées en Arabie saoudite, souligne l’AIE.
Pour les États‑Unis, l’Administration américaine d’information sur l’énergie (EIA) estime qu’en 2024 environ 0,5 million de barils par jour de brut et de condensats importés ont franchi Ormuz, soit 7 % des importations américaines de brut et près de 2 % de la consommation de liquides pétroliers du pays.
Dans un contexte géopolitique mouvant, les prix restent très sensibles à toute évolution diplomatique ou militaire touchant l’acheminement par Ormuz. Les analystes surveillent en particulier la sécurité des flux et la disponibilité des routes alternatives, alors que l’ampleur des capacités de contournement demeure limitée à l’échelle des volumes en jeu.
Vers 16 h 30 GMT, le Brent d’août perdait 4,27 % à 90,23 dollars, sous l’effet des espoirs d’un compromis temporaire.