Un blocus annoncé pour mardi soir
Le président américain a affirmé lundi 13 juillet que de nouvelles frappes visaient l’Iran dans la soirée puis le lendemain. « Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain », a-t-il déclaré lors d’un entretien avec l’animateur de radio Hugh Hewitt.
Avant cette déclaration, Donald Trump avait annoncé sur Truth Social que les États-Unis seraient « désormais connus sous le nom de +GARDIENS DU DETROIT D'ORMUZ+ ». L’armée américaine a indiqué que le blocus des ports iraniens proches du détroit d’Ormuz entrerait en vigueur mardi 14 juillet à 20h00 GMT.
Le président américain a aussi dit vouloir prélever « une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons » transitant par cette voie maritime. Cette annonce vise un axe soumis au droit international de la mer, qui encadre la liberté de navigation dans les détroits utilisés pour le trafic maritime international.
Téhéran revendique le contrôle du passage
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a répondu sur X que « l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours ». Il a ironisé sur la proposition américaine en estimant que Donald Trump avait « tout à fait raison » de lier sécurité du passage et rémunération, avant d’ajouter : « 20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables ».
Les Gardiens de la Révolution accusent les États-Unis de menacer l’approvisionnement pétrolier mondial. Avant la guerre, Ormuz concentrait une part majeure des flux d’hydrocarbures : au premier semestre 2025, 20,9 millions de barils par jour de pétrole et produits pétroliers ont transité par le détroit, soit environ 20% de la consommation mondiale de liquides pétroliers, selon l’Energy Information Administration américaine.
Le risque ne porte pas seulement sur le pétrole brut. Au premier semestre 2025, 11,4 milliards de pieds cubes par jour de GNL ont également emprunté Ormuz, soit plus de 20% du commerce mondial de gaz naturel liquéfié, selon la même agence américaine.
Les prix du pétrole réagissent à la reprise des combats
Les marchés pétroliers ont fortement réagi lundi. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, a gagné 9,59% pour clôturer à 83,30 dollars le baril.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a fait part de sa « profonde inquiétude ». Après près de 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par les frappes israélo-américaines du 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, puis avait été formalisé le 17 juin par un protocole d’accord.
La reprise des affrontements suit des attaques menées mardi 7 juillet contre des navires qui tentaient de franchir Ormuz. Donald Trump a depuis estimé que le cessez-le-feu était « terminé ».
Les médiations se poursuivent malgré les frappes
Lundi soir, quatre nouvelles explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire iranienne située au bord du détroit, selon l’agence officielle Irna. Les médias d’État iraniens font aussi état de bombardements américains dans l’ouest et le sud du pays, notamment sur l’île de Qeshm, à Bandar Abbas et dans la province du Khouzistan, où deux personnes ont été tuées.
Le Centcom a indiqué que les États-Unis avaient employé dimanche, pour la première fois en combat, des drones navals d’attaque unidirectionnels contre le port de Bandar Abbas. Au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi 8 juillet, d’après un décompte établi à partir de médias iraniens et de sources officielles.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï a jugé que « il ne fait aucun doute » que le protocole d’accord « est en crise ». Il a toutefois indiqué que les discussions avec le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivaient afin de « prévenir une escalade ».
En représailles, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir visé des installations américaines à Oman, Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. Le protocole d’accord prévoyait la réouverture du détroit, mais Téhéran n’autorisait qu’un seul couloir de navigation longeant ses côtes.