Un ancien diplomate allemand a dû démissionner de la présidence du conseil de surveillance d'une filiale liée au gazoduc Nord Stream 2, au moment où l'ouvrage est au coeur de tensions croissantes entre la Russie et l'Occident.
"Le président du conseil de surveillance de Gas for Europe GmbH Dieter W. Haller, a informé notre société mère Nord Stream 2 qu'il démissionnait de son mandat", a indiqué vendredi l'entreprise à l'AFP.
Gas for Europe, filiale allemande de Nord Stream qui gère un tronçon du gazoduc situé dans les eaux territoriales allemandes, au bord de la mer Baltique, n'a donné aucune raison officielle à ce départ.
Selon l'hebdomadaire Der Spiegel, la cheffe de la diplomatie Annalena Baerbock a interdit à M. Haller, ex-chef du département économique au ministère des Affaires étrangères, d'occuper ce poste.
La fonction décrochée par le diplomate à la retraite était en conflit avec des "intérêts officiels", selon le résultat d'un audit interne au ministère, cité par l'hebdomadaire.
L'homme de 68 ans, qui fut aussi ambassadeur en Arabie Saoudite et en Afrique du Sud, a d'abord ignoré le veto de la ministre, avant de jeter l'éponge, poursuit le Spiegel.
Principal supporteur de la construction du gazoduc Nord Stream 2, qui relie la Russie à l'Allemagne en contournant l'Ukraine, Berlin a dû prendre ses distances avec le projet du fait de la montée des tensions russo-occidentales liées à l'Ukraine.
Le chantier Nord Stream est terminé, mais l'Allemagne a suspendu sa certification en raison d'obstacles juridiques. L'une des conditions pour qu'il obtienne un feu vert était la création d'une filiale de droit allemand.
Gas for Europe a vu le jour pour remplir ce critère, mais la certification du gazoduc devrait prendre encore plusieurs mois.
Surtout, la Russie ferait l'objet d'une série de sanctions de la part des occidentaux en cas d'agression contre l'Ukraine, incluant le blocage du gazoduc Nord Stream 2.
L'Allemagne a été régulièrement critiquée ces dernières années, dans l'UE et par Washington, pour son soutien inconditionnel à Nord Stream 2, qui renforcerait le dépendance au gaz russe.
L'exploitant du gazoduc, Nord Stream 2 AG, est une filiale du géant russe Gazprom et son PDG est l'Allemand Matthias Warnig, un ancien agent de la Stasi reconverti dans les affaires.
Le chancelier allemand Olaf Scholz, qui a longtemps hésité sur le sort du gazoduc en cas d'attaque de l'Ukraine, se rend lundi à Washington et la semaine suivante à Kiev et Moscou pour des discussions sur la crise ukrainienne.
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