Un incident aux abords d’un terminal pétrolier

Le navire touché jeudi arrivait des Émirats arabes unis et transportait « des véhicules de marques américaines », selon la source sécuritaire. L’impact s’est produit à proximité d’un terminal pétrolier irakien, dans la zone portuaire de Bassorah, principal débouché maritime du brut irakien.

Le ministère irakien du Pétrole a présenté une version plus prudente, en indiquant que l’équipage d’un pétrolier avait observé « un objet d’origine inconnue à sa proximité ». Selon le ministère, l’incident n’a provoqué « aucun incendie ni dégât ».

Bagdad a aussi affirmé que « les opérations de chargement continuaient normalement », sans mentionner le navire transportant des véhicules. Dans l’immédiat, les autorités n’avaient pas établi s’il s’agissait d’un seul événement décrit différemment ou de deux incidents distincts.

Bassorah concentre l’exposition maritime de l’Irak

La zone de Bassorah est stratégique pour les exportations de pétrole irakien, dans un environnement régional déjà fragilisé par les attaques contre des navires et infrastructures énergétiques. Selon l’Energy Information Administration américaine, les exportations maritimes de brut irakien ont dépassé 3,2 millions de barils par jour en moyenne en 2024, avec des capacités méridionales concentrées autour des terminaux de Bassorah.

L’Agence internationale de l’énergie estimait dans son rapport de juillet 2026 que les exportations pétrolières du Golfe avaient atteint 16,1 millions de barils par jour en juin, en incluant les volumes contournant le détroit d’Ormuz. Ce niveau restait inférieur à la moyenne de 24 millions de barils par jour observée avant le déclenchement de la guerre régionale.

Washington appelle ses ressortissants à la vigilance

L’incident de Bassorah survient après de nouveaux échanges de frappes entre l’Iran voisin et les États-Unis, ainsi qu’une attaque de drones déjouée la veille à Erbil, dans le Kurdistan irakien. L’ambassade américaine en Irak a demandé jeudi à ses ressortissants présents dans le pays de « rester très vigilants ».

Ces attaques ont coïncidé avec la première visite à Washington du nouveau Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi. « Nous avons donné pour instruction aux agences de sécurité compétentes (...), en coordination avec les forces de sécurité de la région, de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher que de telles attaques ne se reproduisent et pour contrecarrer toute tentative visant à porter atteinte à la sécurité » du pays, a déclaré le chef du gouvernement, selon son cabinet.

Aucun groupe n’a revendiqué ces attaques dans l’immédiat. Le Kurdistan irakien, région productrice de pétrole où des forces américaines sont présentes, a été visé à plusieurs reprises depuis le début de la guerre déclenchée contre l’Iran par les États-Unis et Israël le 28 février.

Des groupes armés pro-iraniens actifs en Irak ont été à l’origine de la plupart de ces attaques, d’après Washington, qui affirme que des installations américaines en Irak ont été ciblées plus de 600 fois. L’Iran a également mené des frappes contre des rebelles kurdes iraniens établis au Kurdistan irakien pendant la guerre, puis après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.