Le Yanina touché au large de Novorossiïsk
L’attaque a visé le Yanina, un porte-conteneurs présenté par Rosatom comme un navire civil opérant en eaux internationales. Selon le directeur général du groupe public russe, Alexeï Likhatchev, deux drones des forces armées ukrainiennes ont frappé le bâtiment à 130 milles de Novorossiïsk, grand port russe de la mer Noire.
Le responsable russe a affirmé que le navire transportait des « marchandises civiles ». Il a dénoncé une attaque qui, selon lui, ne peut être décrite que comme de la « piraterie » et du « brigandage en mer ».
Rosatom a indiqué que les 17 marins présents à bord avaient été récupérés vivants et étaient en bonne santé. L’entreprise n’a pas fait état de pollution, de cargaison dangereuse ni de dommages sur d’autres bâtiments.
Un porte-conteneurs intégré à la flotte de FESCO
Le Yanina correspond au porte-conteneurs FESCO Yanina, entré dans la flotte de FESCO en septembre 2021, selon les informations publiées à l’époque par le groupe maritime russe. Le navire mesure 142 mètres de long, 22 mètres de large, dispose d’un port en lourd de 13 007 tonnes et peut transporter 962 EVP, unité standard du conteneur maritime.
FESCO est passé sous le contrôle de Rosatom en novembre 2023, d’après l’historique institutionnel du groupe. Cette intégration a renforcé la présence de l’agence atomique russe dans la logistique maritime, au-delà de ses activités liées au nucléaire et à la route maritime du Nord.
L’attaque intervient dans une zone où la guerre a déjà profondément perturbé le transport maritime. Novorossiïsk constitue un point d’appui majeur pour les exportations russes et pour les flux énergétiques de la mer Noire, notamment autour des terminaux pétroliers proches du littoral russe.
Les cargos deviennent des cibles récurrentes
La Russie et l’Ukraine ont intensifié ces dernières semaines leurs frappes contre des navires marchands civils en mer Noire. Cette séquence met sous pression les routes utilisées par les ports russes et ukrainiens, dans un espace maritime déjà militarisé depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
L’armée ukrainienne a revendiqué plus d’une centaine d’attaques de drones contre des cargos russes en mer d’Azov. Ces opérations ont conduit Moscou à étudier d’autres itinéraires pour ses exportations, selon les éléments rapportés sur les conséquences de cette campagne.
La Russie a, de son côté, frappé à plusieurs reprises le port ukrainien d’Odessa et des navires y faisant escale. Ces bombardements ont contraint des armateurs à suspendre leurs passages et ont bloqué les exportations agricoles ukrainiennes par la mer Noire.
Une extension des frappes au-delà de la mer Noire
Le week-end précédent, l’Ukraine avait également attaqué un navire iranien en mer Caspienne. Cette frappe avait tué un marin et provoqué une brève montée de tension avec l’Iran, Téhéran ayant menacé Kiev de représailles.
La multiplication des attaques contre des navires marchands élargit le risque opérationnel pour les armateurs présents entre mer Noire, mer d’Azov et mer Caspienne. Les dernières frappes citées concernent à la fois des porte-conteneurs, des cargos et des navires liés aux flux d’exportation russes ou ukrainiens.