Un nouveau navire touché dans le détroit
L’agence britannique de sécurité maritime UKMTO a indiqué qu’un cargo avait été frappé dans la nuit par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz. Aucun bilan immédiat n’a été communiqué sur d’éventuels blessés ou dégâts.
Le détroit d’Ormuz reste soumis à des restrictions iraniennes depuis le blocage rétabli par Téhéran après l’échec, début juillet, du processus de sortie de crise américano-iranien. Les navires qui empruntent la zone sans autorisation iranienne sont régulièrement visés depuis cette reprise des tensions.
Selon l’Energy Information Administration américaine, 20,9 millions de barils par jour de pétrole et produits pétroliers ont transité par Ormuz au premier semestre 2025, soit environ 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers et près d’un quart du commerce maritime mondial de pétrole.
Trump affirme que des discussions sont en cours
Donald Trump a assuré lundi que des négociations avec l’Iran se tenaient « en ce moment même », malgré les démentis de Téhéran. Le président américain a évoqué une réouverture possible de la voie maritime « dès demain », c’est-à-dire mardi 4 août, dans le cadre de discussions qui porteraient notamment sur la circulation des navires.
« C’est la dernière chance qu’ont les Iraniens de signer un bon document », a déclaré Donald Trump à la Maison Blanche. Quelques jours plus tôt, il avait menacé de « frapper fort » la République islamique, avant de suspendre des plans d’attaque d’ampleur.
Le président américain a aussi affirmé que le détroit était « totalement contrôlé » par la marine américaine. Il a prévenu que le blocus américain des ports iraniens, rétabli en représailles, ne serait levé qu’en cas d’« accord » ou de « capitulation totale ».
L’Iran dit négocier seulement avec Oman
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a contesté l’existence de pourparlers directs avec Washington. « Nous ne négocions pas avec les Etats-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d’Ormuz », a-t-il déclaré lundi.
La veille, Esmaïl Baghaï avait indiqué qu’un accord avec Oman était proche pour rétablir une voie de navigation. Le sultanat, situé sur l’autre rive du détroit, n’a pas fait de déclaration à ce stade.
« Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité », avait affirmé dimanche Esmaïl Baghaï.
La route maritime reste au cœur du bras de fer
L’Iran refuse pour l’instant un retour aux conditions d’avant-guerre et n’autorise qu’un itinéraire longeant ses côtes. Téhéran envisage aussi des frais de passage, rejetés par les États-Unis et d’autres pays, et présentés comme contraires au droit de la mer.
Le détroit avait été rouvert brièvement après la signature, en juin, d’un protocole d’accord américano-iranien. Cette fenêtre avait permis à plusieurs navires immobilisés depuis des mois de quitter la zone et au trafic de reprendre progressivement, avant un nouveau durcissement iranien après la reprise des frappes américaines.
Donald Trump a affirmé avoir relancé le dialogue « à la demande » de Téhéran, avec le « soutien » de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar. L’Iran a nié toute demande en ce sens et qualifié les propos du président américain de « nouveau mensonge », auquel Donald Trump a répondu en dénonçant la « duplicité incroyable » des dirigeants iraniens.
Les hostilités avaient commencé fin février par une offensive américano-israélienne sur Téhéran, avant une accalmie générale en avril puis une reprise début juillet. Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs le week-end dernier, notamment contre des infrastructures énergétiques, avant que Donald Trump dise y avoir renoncé à la demande de pays de la région qui, selon lui, « pensent qu’on a un accord ».