Un nouvel incident visant la flotte émiratie
Le ministère émirati des Affaires étrangères a dénoncé « l'attaque hostile de l'Iran sur un pétrolier appartenant à Adnoc à l'aide d'un missile alors qu'il traversait le détroit d'Ormuz ». Adnoc est la compagnie nationale pétrolière des Émirats arabes unis.
La société avait indiqué vendredi que 15 de ses navires avaient été visés dans le détroit depuis l'ouverture du conflit à la fin de février, dont trois au cours de la semaine écoulée. Les autorités émiraties n'ont pas fait état de victimes lors de l'attaque annoncée samedi.
Les Émirats, comme d'autres États du Golfe proches de Washington, ont été frappés à plusieurs reprises par Téhéran en représailles à l'offensive américano-israélienne lancée contre l'Iran le 28 février.
Téhéran maintient ses conditions de passage
La République islamique contrôle de fait cette voie maritime depuis la reprise des hostilités avec les États-Unis au début de juillet. Les navires qui s'y engagent sans autorisation iranienne sont régulièrement pris pour cible.
Téhéran refuse un retour au régime de circulation antérieur à la guerre et souhaite instaurer à terme des frais de service dans le détroit, une perspective rejetée par les États-Unis et d'autres pays. Les discussions menées avec Oman, dont les côtes bordent aussi le passage, « approchent de leur phase finale », a déclaré samedi le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.
L'Iran affirme avoir trouvé avec Mascate un itinéraire destiné à la traversée des navires, mais Araghchi a attribué le retard des discussions à des « problèmes techniques ». Il a aussi répété que leur issue « ne veut bien sûr pas dire qu'Ormuz va rouvrir ».
Le ministre iranien a évoqué d'autres « conditions et compensations » liées, selon lui, aux « violations » du protocole d'accord conclu à la mi-juin avec les États-Unis. Washington a, de son côté, mis en place un blocus des ports iraniens.
Le verrou énergétique reste mondial
Les Gardiens de la révolution, force armée majeure en Iran, ont affirmé que « la réouverture du détroit suit son propre mécanisme et n'a rien à voir avec les négociations entre l'Iran et Oman ». Ils ont ajouté que « l'ennemi est contraint d'accepter les conditions de l'Iran pour l'ouverture du détroit et de s'abstenir d'interférer comme il le fait en ce moment, dans les négociations en cours entre l'Iran, Oman et d'autres pays ».
Avant la guerre, près d'un cinquième des hydrocarbures transitaient par le détroit d'Ormuz. D'après l'Agence internationale de l'énergie, ce passage a acheminé en moyenne 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers en 2025.
L'Agence internationale de l'énergie estime que seules l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent d'oléoducs opérationnels permettant de contourner Ormuz, avec une capacité disponible évaluée entre 3,5 et 5,5 millions de barils par jour. Elle chiffrait la capacité mondiale inutilisée de production de brut à plus de 4 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025, principalement en Arabie saoudite.