Dilution sur le sol iranien, ligne rouge américaine
Vendredi, à la télévision d’État, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a réaffirmé que l’option privilégiée par l’Iran dans le cadre du protocole d’accord en négociation consiste à abaisser sur son territoire le titre des stocks enrichis à 60%, quand les États-Unis en demandent la destruction. Cette préférence est présentée par Téhéran comme une constante de sa position diplomatique.
« Notre position a toujours été que la seule façon de gérer les stocks de matières enrichies est de les diluer en Iran », a déclaré Abbas Araghchi. Une mise à niveau vers un titre inférieur à 5% éloigne fortement le risque de réenrichissement rapide, la teneur dite « militaire » étant autour de 90% U‑235.
État des stocks selon l’AIEA et enjeux techniques
Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran maintient un stock d’environ 440,9 kg d’uranium enrichi jusqu’à 60%, chiffre rappelé lors de la réunion du Conseil des gouverneurs le 10 juin. Le même organe a demandé ce jour-là une coopération accrue de Téhéran et un accès rapide des inspecteurs à des sites clés.
La dilution, ou down‑blending, consiste à mélanger de l’uranium hautement enrichi avec de l’uranium naturel ou appauvri afin de revenir sous 5% U‑235, teneur compatible avec l’usage courant comme combustible pour réacteurs. Le processus s’effectue en aval des étapes d’enrichissement par centrifugeuse et constitue un levier de réduction des risques de prolifération. Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a réitéré le 10 juin une demande d’accès urgent aux sites iraniens.