La priorité affichée porte sur les prix à la pompe
Le vice-président américain JD Vance a expliqué sur Fox News que la première cible de Washington était désormais énergétique. « Le pétrole a baissé et il est beaucoup plus bas que les sommets atteints au début du conflit. Voilà l'objectif numéro un, faire en sorte que le pétrole et l'essence restent bon marché pour les Américains », a-t-il déclaré.
Le dossier nucléaire iranien reste présenté comme un objectif majeur, mais dans un rang distinct. « Et ensuite l'objectif numéro deux est évidemment d'assurer que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire », a ajouté JD Vance, avant d’affirmer : « Je pense que nous sommes en train de réaliser ces deux objectifs. »
Cette hiérarchie met l’accent sur le coût intérieur de la guerre pour les ménages américains, notamment via l’essence. Selon l’Associated Press, le Brent a clôturé mardi 11 août à 88,91 dollars le baril, après avoir évolué en juillet entre 72 et 102 dollars le baril.
Une inflexion par rapport au discours de Donald Trump
Au sein de l’administration de Donald Trump, JD Vance s’était inscrit parmi les responsables les plus réservés sur l’offensive lancée fin février contre l’Iran. Ses propos valident toutefois la ligne plus attentiste retenue ces derniers jours par le président américain, qui consiste à faire monter la pression économique sur Téhéran plutôt qu’à engager immédiatement une nouvelle séquence militaire.
Le vice-président a présenté l’action américaine comme une combinaison d’instruments économiques, énergétiques, militaires et nucléaires. « Parfois nous sommes concentrés sur la partie énergétique. (...) Parfois nous sommes concentrés sur la nature militaire, mais parfois nous sommes concentrés sur le programme nucléaire », a-t-il dit, en affirmant que Donald Trump disposait de « beaucoup d'outils » et les utilisait « de manière très sélective, très stratégique ».
Cette lecture diffère du message répété jusqu’ici par Donald Trump, qui affirme que l’entrée en guerre n’avait qu’un seul but : empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, même si les Américains devaient supporter des coûts économiques de court terme. Dans un entretien à Axios publié le 9 août, le président américain avait déjà relié la pression sur l’Iran à la baisse du pétrole, en jugeant que les consommateurs américains ressentaient moins fortement le choc avec un baril légèrement supérieur à 75 dollars.
La pression économique américaine intervient alors que la voie diplomatique apparaît bloquée. Washington et Téhéran maintiennent leurs conditions respectives sur la réouverture du détroit d’Ormuz, dont la fermeture ou la restriction perturbe les flux d’hydrocarbures depuis le Golfe.