Une trajectoire de production revue à la hausse
Arrivé mardi à Caracas, Chris Wright a détaillé ce 2 septembre sur CNBC la trajectoire attendue pour le pétrole vénézuélien. Selon le ministre américain, la production atteint début septembre un peu plus de 1,2 million de barils par jour, contre un niveau légèrement inférieur à 1 million de barils par jour au début de 2026.
Le responsable américain dit tabler sur un volume « bien au-dessus de 1,5 million de barils » par jour au premier semestre 2027. Il anticipe ensuite une production « bien supérieure à deux millions de barils par jour d'ici la fin de la décennie ». A son pic historique, la production quotidienne atteignait plus de 3 millions de barils.
Chris Wright présente cette hausse anticipée de l'offre comme une « pression à la baisse des cours du pétrole au niveau mondial ». La situation au Moyen-Orient pèse directement sur les prix des carburants aux États-Unis, que Donald Trump cherche à contenir avant les élections de mi-mandat prévues début novembre 2026, dans une séquence politique défavorable à son camp.
Un accord bilatéral encadre l'accès américain aux réserves
Donald Trump a annoncé le 28 août la conclusion d'un accord avec le Venezuela prévoyant un contrôle majoritaire américain sur plus de 65 milliards de barils de réserves du pays. Le dispositif doit aussi permettre à Washington d'acheter un certain volume de brut à prix coûtant.
Chris Wright se trouve à Caracas pour discuter de cette entente, qui a suscité des doutes sur son périmètre et ses modalités d'application. La présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, a assuré samedi 29 août que le Venezuela conserverait sa souveraineté sur les champs exploités par les États-Unis, puis l'accord a reçu le 1er septembre l'appui de l'Assemblée nationale et de l'armée vénézuéliennes.
Depuis le raid militaire américain de janvier qui a abouti à la capture de l'ex-président Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous patronage américain. Wright a présenté l'accord comme un moyen d'améliorer la confiance des entreprises privées dans leurs relations directes avec le gouvernement vénézuélien et dans l'inviolabilité des contrats.
Chevron ouvre la voie aux majors américaines
Indépendamment de l'accord bilatéral, Chris Wright avait évoqué mardi « plusieurs accords » avec des entreprises dans les prochains jours. Chevron, partenaire historique au Venezuela, a annoncé mercredi l'obtention de nouveaux gisements et vise une production d'environ 600 000 barils par jour en cinq ans pour ses trois sociétés communes, soit plus du double du niveau attendu en 2026.
Chevron a précisé mercredi 2 septembre que les accords actualisent les conditions de ses coentreprises vénézuéliennes et soutiennent plus de 7 milliards de dollars d'investissements sur cinq ans. Selon Chevron, les coûts totaux associés à ses opérations vénézuéliennes doivent rester inférieurs à 20 dollars par baril.
Les autres compagnies restent marquées par les précédents de nationalisation et d'expropriation. Le cas d'ExxonMobil, visée à deux reprises par des expropriations sous les précédents régimes vénézuéliens, illustre les réticences que Washington cherche désormais à lever auprès des investisseurs pétroliers américains.