Un vote avant la signature attendue avec Washington

L’Assemblée nationale vénézuélienne a approuvé mardi 1er septembre, par vote à main levée, son soutien au traité énergétique binational entre la République bolivarienne du Venezuela et les États-Unis. Le texte concerne l’exploitation de 17 champs de pétrole vénézuéliens, avec un potentiel annoncé de 65 milliards de barils.

Le président de l’Assemblée, Jorge Rodriguez, frère de la cheffe de l’État par intérim Delcy Rodriguez, a déclaré le texte adopté dans un hémicycle où le pouvoir dispose de la majorité absolue. Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, était attendu au Venezuela mardi soir, probablement en vue d’une signature mercredi 2 septembre.

Delcy Rodriguez avait confirmé samedi l’accord annoncé la veille par Donald Trump. Caracas estime que le dispositif pourrait rapporter 209 milliards de dollars au Venezuela sur 25 ans, selon les chiffres présentés par les autorités vénézuéliennes.

Des clauses encore réclamées par l’opposition

Une poignée de députés d’opposition se sont abstenus lors du vote, en expliquant vouloir examiner le contrat avant de se prononcer. Une large partie de l’opposition avait boycotté les législatives de 2025, jugeant que les conditions du scrutin ne seraient pas équitables après la présidentielle contestée de Nicolas Maduro, qu’elle affirme entachée de fraudes.

Le député d’opposition Luis Emilio Rondon a demandé la publication intégrale du texte. « Nous avons besoin de connaître ce qui est écrit en petites lettres (...), les clauses », a-t-il déclaré, ajoutant que la durée et les volumes concernés justifiaient, selon lui, une transparence complète avant tout vote favorable.

Jorge Rodriguez a défendu l’accord en liant la valorisation des ressources pétrolières au financement de services publics. « À qui sert ce pétrole sous terre ? », a-t-il lancé, avant d’évoquer le réseau électrique, les hôpitaux, les écoles et les salaires.

Le président de l’Assemblée a aussi souligné l’écart entre les ressources du pays et son rang sur le marché international. Selon lui, le Venezuela dispose des premières réserves pétrolières mondiales, mais n’occupe que la 20e place parmi les pays exportateurs, en attendant la signature du contrat pour connaître ses dispositions exactes.

Un projet industriel chiffré par Caracas et Washington

Selon les éléments communiqués par l’exécutif américain, les concessions viseraient 17 gisements et seraient accordées à North American Blue Energy Partners pour une durée de 100 ans. La Maison Blanche a indiqué fin août 2026 attendre environ 200 milliards de dollars de redevances et d’impôts versés au Venezuela sur les 25 premières années.

Delcy Rodriguez a présenté le projet comme un programme bilatéral de 25 ans visant une production supérieure à 1,5 million de barils par jour sur 17 champs stratégiques, selon ses déclarations diffusées fin août 2026. Cette cible reste conditionnée à la remise en état, au financement et au développement d’infrastructures pétrolières vénézuéliennes fortement sous-investies.

Les prisonniers politiques restent au cœur des critiques

Avant le vote parlementaire, des proches de détenus politiques ont manifesté à Caracas contre la négociation pétrolière avec Washington. La mobilisation, qui a réuni une cinquantaine de personnes, avait pour mot d’ordre : « Combien de pétrole vaut un prisonnier politique ? »

Sur un cylindre en carton peint en noir pour représenter un baril, des manifestants avaient inscrit : « Donald Trump : vous négociez notre pétrole avec les délinquants qui ont détruit le Venezuela ». Lexi Sandoval, mère de Miguel Andrés Irigoyen, accusé d’avoir participé à un réseau de corruption, a demandé : « Et les accords sur les prisonniers politiques, c’est pour quand ? »

Delcy Rodriguez a porté, sous pression américaine, une réforme pétrolière ouvrant davantage le secteur au capital privé, ainsi qu’une loi d’amnistie promettant la libération de centaines de personnes détenues sous les gouvernements d’Hugo Chavez et de Nicolas Maduro. Elle affirme que plus de 1.000 personnes ont été libérées, tandis que l’ONG Foro Penal recensait encore 328 prisonniers politiques au 31 août 2026.