Petroindependencia vise 600 000 barils par jour

Le groupe américain a annoncé mercredi des accords avec les autorités vénézuéliennes portant sur ses trois sociétés communes actives dans la production de pétrole dans le pays. Ces textes couvrent notamment des surfaces supplémentaires dans la ceinture pétrolifère de l’Orinoco, où Chevron exploite déjà des projets de brut extra-lourd.

Petroindependencia, entreprise commune dans laquelle une filiale de Chevron détient 49 %, prévoit plus de 7 milliards de dollars d’investissements sur cinq ans. L’objectif annoncé est d’atteindre environ 600 000 barils par jour, soit plus du double du niveau retenu pour 2026.

Selon Chevron, les nouveaux termes portent sur les conditions fiscales, commerciales et juridiques applicables aux coentreprises, afin « de soutenir de futurs investissements, le développement de projets et la croissance de la production ». Le groupe indique aussi que les coûts totaux au Venezuela sont inférieurs à 20 dollars par baril, un niveau présenté comme favorable dans son portefeuille amont.

Trois coentreprises et des volumes déjà en hausse

Chevron précise que la production cumulée de ses trois sociétés communes vénézuéliennes a progressé de 15 % depuis le début de l’année. En janvier, sa production moyenne annualisée dans le pays atteignait 240 000 barils par jour, avant de monter à environ 270 000 barils par jour en juillet.

Fin mai, le PDG de Chevron Mike Wirth avait déjà indiqué viser une hausse de 50 % de la production vénézuélienne du groupe d’ici fin 2028. Dans le communiqué publié mercredi, il affirme que « l'histoire de Chevron au Venezuela remonte à plus d'un siècle et l'élargissement de nos positions illustrent notre confiance dans l'énorme potentiel des ressources du pays et dans sa capacité à obtenir des investissements dans notre portefeuille pendant des décennies ».

Le communiqué de Chevron précise que Petroindependencia obtient des droits de développement sur les zones Carabobo 1 et Carabobo-2-South-A, attenantes à son périmètre opérationnel dans l’Orinoco. En avril, le groupe avait déjà accru sa participation dans Petroindependencia à 49 % et obtenu, via Petropiar, des droits sur Ayacucho 8, également dans la ceinture de l’Orinoco.

Washington accompagne la relance pétrolière vénézuélienne

Le ministre américain de l’Énergie Chris Wright se trouve à Caracas depuis mardi, dans le cadre de rencontres organisées après l’annonce d’un accord séparé susceptible de donner à Washington le contrôle d’environ un cinquième des réserves pétrolières du Venezuela. À son arrivée, il avait déclaré que « plusieurs accords » seraient annoncés mercredi par des entreprises et qu’ils « entraîneront plus qu'un doublement de la production pétrolière du Venezuela dans les prochaines années ».

Le sous-sol vénézuélien concentre les plus importantes réserves prouvées de brut au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie, le Venezuela disposait en 2023 d’environ 303 milliards de barils de réserves prouvées, soit près de 17 % du total mondial, avec une forte concentration de brut extra-lourd dans l’Orinoco.

La production nationale reste toutefois nettement inférieure à son sommet historique de plus de 3 millions de barils par jour. Elle s’établit actuellement autour de 1,2 million de barils par jour, un ordre de grandeur cohérent avec les données préliminaires de juillet 2026 rapportées par Platts, qui placent la production vénézuélienne de PDVSA et de ses partenaires étrangers à environ 1,21 million de barils par jour.

Depuis le raid militaire américain ayant conduit début janvier à la capture de l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer sous patronage américain l’exploitation des ressources pétrolières et gazières du pays. L’embargo américain sur le brut vénézuélien, entré en vigueur en 2019, avait été assoupli en 2023 via des licences d’activité, puis révoqué au premier semestre 2025 par Donald Trump, avant qu’une exception ne soit accordée à Chevron.