Un compromis temporaire discuté avec Oman
Le président américain, en déplacement en Californie, a affirmé mardi que les discussions en cours étaient « très bonnes » et que Téhéran voulait conclure. Interrogé de nouveau avant d'embarquer à bord d'Air Force One pour Las Vegas, il a estimé qu'un accord pourrait intervenir « demain (mercredi) ou le jour d'après ».
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio avait évoqué mardi des « progrès » dans les pourparlers avec l'Iran et Oman, les deux pays riverains du détroit d'Ormuz. Selon Axios, qui cite des « sources régionales », le schéma discuté porterait sur un dispositif transitoire de 60 jours pour organiser la navigation entre les eaux iraniennes et omanaises.
D'après Axios, les navires entrant dans le détroit utiliseraient une route septentrionale située dans les eaux iraniennes, tandis que les bâtiments sortants emprunteraient un couloir méridional dans les eaux contrôlées par Oman. Le projet ne prévoirait ni péage ni droit de passage, et la voie centrale serait déminée pendant cette période de 60 jours.
Le dossier nucléaire reste lié à la réouverture
L'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani et Donald Trump se sont entretenus mardi par téléphone des efforts visant à « apaiser les tensions » entre Washington et Téhéran et à « rapprocher les deux parties », selon un communiqué du palais qatari. L'Iran avait toutefois démenti lundi toute négociation directe avec Washington, en affirmant discuter avec Oman.
Le protocole d'accord signé en juin avait lancé un processus de 60 jours destiné à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient et à traiter plusieurs dossiers, dont le programme nucléaire iranien. Il avait aussi permis une reprise du trafic dans le détroit, fermé par l'Iran depuis le début de la guerre, tandis que les États-Unis avaient imposé en retour un blocus des ports iraniens.
Selon l'Energy Information Administration américaine, les flux de brut, condensats et produits pétroliers par Ormuz sont tombés à 14,6 millions de barils par jour au premier trimestre 2026, contre 20,7 millions au quatrième trimestre 2025. Les flux de GNL y ont reculé à 7,3 milliards de pieds cubes par jour sur la même période, contre 10,1 milliards au trimestre précédent, d'après les données publiées par l'agence en mai 2026.
Le marché pétrolier réagit aux signaux diplomatiques
La reprise des échanges diplomatiques a pesé sur les cours du pétrole à Wall Street, puis sur les marchés asiatiques mercredi matin. À 03H30, le Brent de la mer du Nord cédait 1,12 %, à 78,47 dollars le baril, tandis que le WTI américain reculait de 1,37 %, à 74,73 dollars.
L'amélioration née du protocole de juin avait été brève. Les hostilités ont repris début juillet, ce qui a fait éclater l'accord, et l'Iran a durci ses contrôles après la reprise des frappes américaines. Les navires qui tentent de franchir le détroit sans autorisation de Téhéran sont régulièrement visés.
Dans la nuit de lundi à mardi, un cargo qui essayait de traverser le détroit a été touché par un projectile, provoquant un incendie. Un membre d'équipage est porté disparu, selon la société de sécurité britannique Vanguard Tech.
Les exigences iraniennes se heurtent à Washington
L'Iran refuse un retour au régime de navigation antérieur à la guerre et n'autorise actuellement qu'un itinéraire longeant ses côtes. Téhéran envisage des frais de service, rejetés par les États-Unis et d'autres pays et contraires au droit international de la mer.
Donald Trump a déjà menacé ces derniers jours de « frapper fort » la République islamique avant de suspendre ses plans. Depuis le début du conflit, le président américain alterne déclarations optimistes sur une issue négociée et avertissements militaires contre l'Iran.
En mer Rouge, autre front rouvert depuis la reprise des hostilités mi-juillet entre les rebelles houthis du Yémen, alliés de l'Iran, et l'Arabie saoudite, un navire indien a coulé mardi après une attaque, selon un responsable local yéménite. Les autorités indiennes ont indiqué que les 14 membres d'équipage avaient été secourus.
Le gouvernement yéménite a attribué cette attaque aux Houthis. Ces rebelles ont annoncé le 20 juillet un blocus maritime des ports saoudiens et ont visé plusieurs navires, avant des frappes de représailles menées par la coalition militaire dirigée par Riyad contre des installations militaires houthies.